25 août 2020 2 25 /08 /août /2020 04:21

De Quanan Wang Mongolie 

Avec Dulamjav Enkhtaivan, Aorigeletu, Norovsambuu Batmunkh, B. Anujin, Gangtemuer Arild

Le corps d’une femme est retrouvé au milieu de la steppe mongole. Un policier novice est désigné pour monter la garde sur les lieux du crime. Dans cette région sauvage, une jeune bergère, malicieuse et indépendante, vient l’aider à se protéger du froid et des loups. Le lendemain matin, l’enquête suit son cours, la bergère retourne à sa vie libre mais quelque chose a changé.

La femme des steppes, le flic et l'oeuf

Méditation sur les cycles de la Vie et de la Mort dans l’interpénétration fusionnelle des règnes et des espèces, Initiation à l’amour, hymne à la sagesse immémoriale des femmes dans la steppe mongole ? Oui le film de Quanan Wang (rappelez vous le mariage de Tuya) est tout cela à la fois et c’est à un voyage poétique qu’il invite le spectateur, à travers le portrait d’une femme libre : la bergère, la femme des steppes surnommée le « dinosaure » .

Une poésie qui n’exclut pas humour facétie et prosaïsme

 

C’est la nuit. La steppe immense, balayée par la cadence des phares d’une jeep, s’illumine de jaune ...quand soudainement...la jeep s’en vient buter sur le cadavre d’une femme…Fin du prologue. Mais la piste "film policier"  est  vite abandonnée. On comprend que le "crime" (et partant la recherche du "coupable") n’est qu’un " prétexte"  (dans les deux acceptions du mot) pour aller au contact du personnage principal, nous faire partager les croyances, le mode de vie de cette  femme des steppes  à la royauté animale

 

Des plans à la beauté sidérante ; des ciels qui envahissent l’écran, ciels dont les couleurs -ocre or pâle mauve rouge vermeil - déclinent une partition de lumière et/ou la ligne "mélodique" de pénombres aux vagues lueurs et de brume errante; ciels dont le chromatisme renvoie à la peinture mais dont l’impalpable merveille chante la primauté de la Nature sur la Culture.

Infinitude céleste, finitude de l’être sur terre ? Et pourtant l’oeuf du dinosaure fossilisé s’en viendra saluer celui de la fécondation (ne sommes-nous pas les descendants des dinosaures ? )

 

Dans la nuit se détachent -telles des ombres portées- les deux bosses d’un chameau au repos; la bergère et le flic sont adossés à cet animal tutélaire : s’y lover chuchoter fumer boire, et...apprendre à aimer.. le jeune homme aura transcendé son noviciat ! .Love me tender love me sweet

 

Nuit d’un Éternel toujours recommencé !

 

Dans la yourte de la bergère, aux couleurs vives et chaudes, cohabitent humains et jeunes animaux. Ogil a été mandé pour aider au vêlage; alors que l’animal nouvellement né respire la chaleur de la Vie, le couple humain va perpétuer le cycle de l’espèce et l’image au flouté fébrile célèbre leur accouplement

 

Un film à ne pas rater ! (Omnia aux Toiles)

 

Colette Lallement-Duchoze

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