17 août 2020 1 17 /08 /août /2020 04:57

 

Mediapart  Du 17 au 22 août des projections et des rencontres avec des professionnels auront quand même lieu. Les séances en plein air sont maintenues et deux salles de projection seront reliées à d’autres structures à Lyon, Paris, Marseille, Nîmes… afin qu’un public, le plus large possible, puisse dialoguer partout en France et en visioconférence avec des réalisateurs et réalisatrices. Le format de cette édition hors du commun a été décidé vers la mi-juillet, une fois connue la circulaire de la préfecture.[...]  Bien sûr, dans cette forme allégée, l’équipe a dû renoncer à inviter des cinéastes ou collaborateurs étrangers ou à se rendre dans des centres d’archives incroyables hors de France pour programmer des œuvres ouvertes au monde. Mais, avec le précieux partenariat proposé par la plateforme Tënk (créée par l’ancien directeur général des États généraux, Jean-Marie Barbe, elle est également installée à Lussas), des programmations spécialement pensées pour une diffusion numérique ont été élaborées. Parmi la soixantaine de films ainsi mis en ligne dès aujourd’hui, dimanche 16 août, un 16 minutes sorti en 1943 signé Humphrey Jennings : The Silent Village a pour origine « le massacre de cent soixante-dix hommes du village minier de Lidice perpétré par les nazis, pendant l’invasion allemande de la Tchécoslovaquie. Jennings a déplacé l’histoire dans un village minier gallois et fait jouer certains de ses mineurs », annonce le programme. Intéressant, sans doute. Mais savoir qu’il a été déniché par Federico Rossin, passionnant historien du cinéma qui, l’an passé, a programmé à Lussas une fantastique série de films – parfois très courts et très drôles – autour de l’invention d’une culture populaire yougoslave au sortir de la Seconde Guerre mondiale, cela promet de belles surprises. Sur Tënk, la programmation de Rossin, « Histoires de forme », entend « faire penser les films autrement, les regrouper dans de nouveaux ensembles pour en tirer de nouvelles leçons d’histoire ». Et les onze films proposés autour de trois séances introduites par Rossin s’articuleront autour des questions d’esthétique, d’éthique et de politique, « cherchant à engager avec le public un vrai lien de réflexion, tout en sachant que c’est lui le grand absent, et qu’il nous manquera », écrit l’historien. On peut recommander aussi deux avant-premières, qui seront simultanément diffusées en plein air à Lussas et sur le Net via Tënk, à chaque fois suivies de débats avec les auteurs.

Extrait de « Mes chers espions ». © Vladimir LéonExtrait de « Mes chers espions ». © Vladimir Léon

Mes chers espions, de Vladimir Léon : une valise de souvenirs de ses grands-parents amène le réalisateur à se demander si ces derniers étaient des espions soviétiques dans le Paris des années 1930. (Mardi 18 août, de 21 h 30 à minuit, sur Tënk.) Et Une fois que tu sais, d’Emmanuel Cappellin, une enquête qui mêle l’intime et des entretiens avec des scientifiques pour aborder une question cruciale en ces temps de changement climatique : comment vivre l’effondrement le mieux possible, le plus humainement possible ? (Jeudi 20 août, de 21 h 30 à minuit, sur Tënk.)

Emmanuel Cappellin présente son documentaire : «Quand on sait»

On sera aussi curieux de voir, dès le 23 août, sur Tënk, An Unusual Summer, de Kamal Aljafari : à la suite d’un acte de vandalisme, le père du cinéaste palestinien a installé une caméra de surveillance pour enregistrer ce qui se passe devant chez lui. Le fils en a fait un film où les allers-retours des voisins, les jeux des enfants et quelques moments de poésie fugaces se posent sur le quotidien de Ramla, ville sur territoire israélien, tiré comme une toile de fond. Un essai filmique comme Lussas a l’audace d’en présenter chaque année.

Bande annonce de «An unsual Summer», de Kamal Aljafari

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Sans illusions démesurées sur les conditions dans lesquelles la rencontre avec ce genre de film peut se faire en ligne, « il est possible qu’elle ait lieu, espère Christophe Postic, on peut alors imaginer que des personnes découvriront une forme de cinéma qui les inspirera à aller voir plus loin, jusqu’à Lussas pourquoi pas, sachant qu’ils pourront y rencontrer les réalisateurs ». Mais « à titre personnel, poursuit-il, je ne pense pas que les États généraux s’engageront plus avant dans une édition en ligne. Un festival, ce sont des projections en salle, des débats que l’œuvre génère, une plongée dans une programmation qui peut durer des heures, des rencontres »Mais l’expérience de cette édition 2020 ne sera pas sans lendemain. Lussas, c’est aussi, chaque année, une université d’été du documentaire. Alors, en ce mois d’août, un petit groupe va se créer ici pour engager une réflexion avec quelques personnes concernées, autour notamment de la philosophe spécialiste des images Marie-José Mondzain, de la critique Marie Anne Guérin (Cahiers du cinéma, Trafic, Vertigo…), de l’enseignant-chercheur en arts visuels Jacopo Rasmi (La Revue documentaire)… Alors que cette crise sanitaire a vu exploser la diffusion des œuvres en streaming, il s’agira d’interroger nos manières de regarder les films, de penser les œuvres et de voir comment tout cela pourrait transformer le cinéma et notre façon de voir le monde. D'après.

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