29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 06:11

de Rodrigo Sorogoyen (Espagne) 

avec Marta Nieto (Elena)  Jules Porier (Jean) Alex Brendemühl  (Joseba le compagnon d'Elena ) Anne Consigny (Léa la mère de Jean) Frédéric Pierrot, (Grégory le père de Jean) Raùl Prieto (Ramon le père de l'enfant disparu) 

 

 

 

Dix ans se sont écoulés depuis que le fils d’Elena, alors âgé de 6 ans, a disparu. Dix ans depuis ce coup de téléphone où seul et perdu sur une plage des Landes, il lui disait qu’il ne trouvait plus son père. Aujourd’hui, Elena y vit et y travaille dans un restaurant de bord de mer. Dévastée depuis ce tragique épisode, sa vie suit son cours tant bien que mal. Jusqu’à ce jour où elle rencontre un adolescent qui lui rappelle furieusement son fils disparu…

Madre

"Madre est l’histoire d’une mère et d’un fils, qui n’est pas le sien. Et c’est une histoire d’amour.”

 

Le  film s’ouvre sur une séquence qui restera dans les annales ; un plan séquence de plus de 15 minutes ; de son appartement de Madrid, une mère affolée tente de  "guider"   son fils de 6 ans seul sur la plage (sud-ouest de la France?) -le père s’étant absenté momentanément ; un homme s’approche ; menace : le gamin est en danger ;  brisure de l’univers apollinien ; la mère zigzague dans l’appartement ; s’arrête , gros plan sur son visage hébété, son regard affolé ; elle respire , suffoque tout comme l’enfant au bout du fil...; la ligne est coupée ; plus de tonalité. Enfant disparu ?

Ellipse

10 ans après.

Ce sera le film, l’après drame

 

Elena travaille dans un restaurant en bord de mer sur la côte basque française là où précisément 10 ans plus tôt son fils a disparu. Pendant ses moments de "loisir" elle arpente, seule,  hagarde la plage (récurrence d’un plan filmé en grand angle,  bande son qui amplifie le mugissement sauvage des vagues,  flux et reflux épousant la sidération d’une mère dévastée par la perte de son enfant, le ressassement ad libitum ad nauseam « la mer la mer toujours recommencée »)

 

. Jusqu’ au jour où elle croit reconnaître son fils …en la personne d’un adolescent... de 16 ans...Jean.

Ce fut comme une apparition.

Dès lors se noue une amitié amoureuse étrange. Dès lors vont triompher les non-dits et les ambiguïtés dans un univers où les frontières entre amour maternel, amour incestueux, amitié amoureuse semblent fragiles et  poreuses -d'autant que de très gros plans sur les visages des deux protagonistes ou sur les mains qui se cherchent semblent célébrer le frémissement de la peau et que la lascivité de certaines positions n'échappe pas à Joseba -le fiancé d'Elena- alors que les parents de Jean laissent éructer leur verbe accusateur !!!

 

Si ce « thriller » psychologique se veut assez tortueux, si l’actrice incarne avec brio la « madre » la « folle de la plage » (elle a reçu un prix d’interprétation à la Mostra de Venise) que dire du jeu de Jules Porier ? Des rôles secondaires ? Et surtout de cette mise en scène par trop insistante ? Co-existence deuil (disparition et trauma) et animation (<anima le souffle) celle des surfeurs des feux de camp des bains de nuit .. 

Si certains plans par leur cadrage et leur lumière renvoient à E Hopper et si l’on retrouve avec plaisir la prédilection du cinéaste pour les plans séquences, force est de constater que le transfert affectif -thème majeur du film- et une "possible" reconstruction souffrent de complaisance dans cette "dilatation" (espace temps )

 

Dommage

Rappelons que la séquence d’ouverture est en réalité la reprise d’un court métrage tourné en 2017 (qui fut nommé  aux Oscars et récompensé d’un Goya du meilleur court métrage) 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

Madre

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