21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 16:13

de François Ozon (2020)

avec Félix Lefebvre (Alex) , Benjamin Voisin (David), Melvil Poupaud (le professeur), Valeria Bruni Tedeschi (la mère de David)

L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, est sauvé héroïquement du naufrage par David, 18 ans. Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves. Mais le rêve durera-t-il plus qu'un été ? L’été 85...

Été 85

Labellisé Cannes 2020 , salué par la critique, le film de François Ozon était magnifié avant même sa sortie le 14 juillet. Adapté (librement dit le générique de fin) du roman d’Aidan Chambers  "dance on my grave" (1982) cette parenthèse estivale (sens littéral du titre) frappe surtout par son ambivalence et son ambiguïté à tel point que les clichés (et ils pullulent) s’inscriront dans cette dualité. Voix intérieure et écriture, collision des temporalités (le moment présent et le passé proche ressuscité) vécu et fantasme, l’amour et sa sublimation, Eros et Thanatos de surcroît.

 

La dramaturgie elle-même est  "double" : la scène d’ouverture (reprise en écho vers la fin) correspond à un aboutissement : si Alex(is) comparaît devant un juge, c’est parce qu’il a commis l’irréparable (du moins nous prévient-il dès les premières minutes -voix off- il a  "tué" ; Alex,  un adolescent blond à la figure d’ange , un criminel? il avoue être  fasciné par la mort et passionné d’Egypte ancienne.  À partir de ces aveux liminaires, -effet de mise en abyme- le film va restituer les éléments d’un  "puzzle" : le spectateur est intrigué alors que la romance amoureuse va se doubler d’une forme d’enquête -(qui renverrait au genre policier?)

 

La relation " amoureuse" -depuis la rencontre : Alexis sauvé des eaux par  David-, jusqu’à la rupture et la "mort" de David -en passant par les balades en moto cheveux au vent, l’effervescence, l’exaltation, que commente la voix off,  est-elle celle qu’Alex a réellement vécue ou celle que sublime son écriture ? (Sur les conseils de son professeur  Alex raconte par écrit ce que la parole est incapable d’exprimer).  Le pacte du romancier avec le lecteur sera ici celui du réalisateur avec le spectateur ! Et l’histoire d’Alexis devient le roman d’Alex (ou l’inverse ? ). Encore faut-il qu’un tel "pacte"  soit fluide, sans trop d’aspérités et comme allant de soi….Ce qui hélas n’est pas le cas!

 

 

Alexis est devenu Alex, son corps fétichisé par les cadrages - certaines poses de par leur complaisance sont loin de rendre palpables les frémissements de la sensualité. Mais ce premier "acte" a au moins l’évidence solaire de la fougue amoureuse -que renforcent le goût prononcé de David pour la vitesse et son duel avec la mort,  l’impossible épuisement du désir et l’ambiance musicale (on aura reconnu in between days  et   sailling

Mais que dire de cet « après » la mort ? La scène de la morgue vire au grotesque, la séquence au cimetière (Alex a promis de « danser sur la tombe » ) frise le ridicule. Et c’est à Kate que revient le rôle de pédagogue énonçant des vérités prétendues philosophiques. Est-ce qu’on invente toujours les gens qu’on aime ? Lui demandera le « disciple » Alex

 

Il faut échapper à son histoire.

 

Impression plus que mitigée !!!

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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