13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 06:30

de Sandra Kogut (Brésil)

avec Regina Casé (Mada) Otavio Müller (Edgar) Gisele Froes (Marta) Rogiero Froes (Lira) 

Chaque année, Edgar et Marta organisent une grande fête dans leur luxueuse résidence d’été, orchestrée par leur gouvernante Mada et les autres employés de la maison. Mais, en trois étés, tout va basculer. Alors que le monde de ses riches patrons implose, balayé par des scandales financiers, Mada se retrouve en charge de la propriété dont elle est bien décidée à tirer le meilleur parti.

Trois étés

Quelles sont les conséquences sur des employés de maison quand leurs patrons débusqués et condamnés par la justice sont emprisonnés ? Quid des salaires non payés ? Quid de leur survie ? Ce sont ces problèmes qui sont au cœur de la comédie "douce-amère"-Trois étés  la réalisatrice adoptera le point de vue de la gouvernante et femme à tout faire Mada

 

Étés 2015, 2016, 2017 le film a été tourné avant l'arrivée au pouvoir de Bolsonaro quand "les Brésiliens qui connaissaient par cœur les noms des joueurs de foot de l'équipe nationale, connaissent désormais ceux des juges de la Cour suprême  tant la société a été gangrenée par le virus du libéralisme, du profit à tout prix, de la corruption"

 

Trois étés soit trois séquences tournées au même endroit -une villa luxueuse en bord de mer- trois façons d'investir l'espace (de l'opulence au vide et à la réappropriation) trois atmosphères, trois tonalités pour ce théâtre-comédie  en trois actes illustrant le chaos de la société brésilienne. Au centre le personnage de Mada (en III elle sera aidée par le "patriarche" le père d'Edgar, Monsieur Lira, intellectuel intègre jusque-là en retrait); l'actrice Regina Casé qui l'interprète porte le film de bout en bout par sa faconde et sa truculence

 

D'un point de vue purement "dramatique" la comédie obéit à une double dynamique: à la chute des patrons rattrapés par la justice correspond l'ascension de Mada (de simple employée elle acquiert le statut de responsable); à la déliquescence du domaine une réappropriation: location des yachts -pour promenades aquatiques-, des chambres -AirBnB- et de la maison -tournage de films publicitaires.

D'un point de vue idéologique, si la réalisatrice évite le manichéisme: patrons voyous, domestiques asservis, et si l'histoire de cette "rébellion domestique" imite un modèle "libéral" tant le pays est marqué par la soif de l'argent, c'est bien l'ingéniosité et la solidarité d'une "classe" qui sont mises en exergue

 

Et pourtant malgré ces intentions affichées,  malgré d'évidentes  qualités formelles -ellipses, plans fixes souvent, changement de rythme et de tonalité, rares mais belles échappées hors de ce huis clos-, voilà un film qui ne saurait emporter l'adhésion, en tout cas il peine à convaincre

Cherchez l'erreur!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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