11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 13:23

Nina et Madeleine sont profondément amoureuses l’une de l’autre. Aux yeux de tous, elles ne sont que de simples voisines vivant au dernier étage de leur immeuble. Au quotidien, elles vont et viennent entre leurs deux appartements et partagent leurs vies ensemble. Personne ne les connaît vraiment, pas même Anne, la fille attentionnée de Madeleine. Jusqu’au jour où un événement tragique fait tout basculer…

Deux

Une histoire d’amour entre deux femmes assez âgées et de surcroît un problème d’AVC vous imaginez que le financement n’a pas été facile et les avances sur recettes ne suffisaient pas... ainsi s’exprimait le producteur lors de l’avant première hier soir (10/02) à l’Omnia en présence du réalisateur et de Barbara Sukowa

Pour mettre en scène l’histoire de Deux, je fus inspiré par ce que m’a raconté un ami concernant deux femmes âgées vivant au-dessus de chez lui ; elles laissaient toujours leur porte ouverte...à partir de cette anecdote le film a germé dans mon esprit. Cela dit l’histoire de Deux est complètement inventée (propos du réalisateur)

Extérieurs tournés à  Montpellier et Sommières; intérieurs en studios au Luxembourg

 

Filippo Meneghetti dont c’est le premier long métrage a eu recours au scope (une gageure quand le thème est celui de l’intime et que le décor essentiel est celui d’intérieurs…) ; il a délibérément refusé les profondeurs de champ (ou alors c’est flouté) ainsi qu’au montage, le banal champ contre champ ; tout cela afin de créer comme une distance qui s’harmonise d’ailleurs avec la retenue du scénario.

Car  ce film (hormis quelques mini-séquences où la violence contenue s’en vient à exacerber les relations) est empreint de délicatesse, de subtiles nuances, de non-dits et de silences que les deux actrices – personnages si différents, dans leur parcours respectif- incarnent avec une élégante  majesté

 

Deux, le titre sera décliné dans sa double acception de gémellité et dualité. Les deux gamines qui jouent à cache cache (scène d’ouverture assez troublante car elle repose sur le drame d’une disparition jamais élucidé-e).Les deux femmes aimées aimantes (dont les visages face à face envahissent l’affiche) les deux appartements (identiques et si différents et qui deviennent des personnages à part entière) les deux enfants de Madeleine (d’abord distants et qui se coaliseront dans la désapprobation). À tout cela s’ajoutent les effets de miroir à la fois reflets et hostilités.

 

Refus du pathos. Intrusion de l’étrange (à un moment Nina mue par la force irrésistible de son amour passe "à travers" les murs de séparation;  récurrence de la scène d’une noyade(?)- flash back? hantise?). Mais aussi des  effets comiques (la fugue par exemple au nez et à la barbe de tous..ou encore le rôle de l’infirmière à domicile, aux yeux globuleux...) . La fougue adolescente de Nina à la recherche de son Amour!  Et  la scène finale où les  corps enlacés dansent  sur la  musique de La Terra  dans un appartement dévasté..., célébrant la reconquête, après l'adversité ! Tout cela fait qu'on oubliera les procédés d'insistance - ces gros plans et zooms à répétition, le passage récurrent de ces corbeaux annonciateurs de  ...malheurs(?) les tremblés des feuilles gorgées de soleil et de couleurs 

 

Un film sur l’homosexualité ? Certes.

Mais surtout sur l’amour et le regard de l’Autre 

 

Un film que je vous recommande

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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