23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 08:30

de Carlo Mirabella-Davis (USA)

avec Haley Bennett, Austin Stowell, Denis O'Hare

 

Prix spécial Deauville 2019

 

Hunter semble mener une vie parfaite aux côtés de Richie, son mari qui vient de reprendre la direction de l’entreprise familiale. Mais dès lors qu’elle tombe enceinte, elle développe un trouble compulsif du comportement alimentaire, le Pica, caractérisé par l’ingestion d’objets divers. Son époux et sa belle-famille décident alors de contrôler ses moindres faits et gestes pour éviter le pire : qu’elle ne porte atteinte à la lignée des Conrad… Mais cette étrange et incontrôlable obsession ne cacherait-elle pas un secret plus terrible encore ?

Swallow

Une coiffure bien lisse, une nuque, des couleurs pastel, des vitres (miroirs), une villa moderne avec piscine (vallée de l’Hudson) il aura suffi de quelques plans à Carlo Mirabella-Davis pour évoquer un univers froid glacé désincarné .Celui où évolue la jeune Hunter en femme apparemment soumise, épouse modèle, belle-fille obéissante. Univers aseptisé dirigé par des machos (le mari  et son  père tout comme ils sont censés diriger leur entreprise).

 

La mièvrerie affichée serait-elle feinte ? une façade? Ce visage lisse va se fissurer quand Hunter enceinte est victime de cette "maladie"  (le pica) : altération du comportement alimentaire avec ingestion compulsive d’objets pour le moins incongrus (et dangereux) : une bille, une punaise, une pile. 

L’étrangeté initiale se métamorphose progressivement en cauchemar grâce à un vertigineux crescendo (gradation calculée) De très gros plans sur les objets (à avaler à restituer) sur le visage (yeux égarés, coloration des pommettes) alternant avec des plans larges fixes (décor environnement) contribuent à rendre palpable (jusqu’à pénétrer dans le corps même) l’idée sous-jacente : celle d’une délivrance (le mal vient de si loin!!!) qui passera par le corps par la matière;  et rien ne sera laissé au hasard (le rouge du sang le brun des excréments ou de la terre ) dans cette (ré)appropriation du corps !

L'actrice Haley Bennett interprète avec une incroyable vraisemblance cette femme-enfant à la voix fluette tout comme les expressions de son visage font passer toute une palette d’émotions

 

On ne peut  "raconter"  le cheminement de Hunter (poupée docile qui réussit à s’émanciper) mais on peut mettre en évidence le contraste qui oppose les images du début - celles d’une façade derrière laquelle se lovent douleurs souffrances enfouies depuis des années- et celles d’une vie hors bulle sur les goudrons de la Vie enfin retrouvée

 

Un film qui pèche précisément par  sa volonté démonstrative comme si la "rationalisation"  (amorcée avec les séances de psy) venait entacher la part d’angoisse existentielle et la démarche cathartique (que la première partie du film avait si bien exploitées!)

Mais peut-être n’était-ce pas l’intention du cinéaste…

à vous de juger !!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Swallow

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