26 décembre 2019 4 26 /12 /décembre /2019 08:19

de Hirokazu Kore-eda (France Japon)

avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke, Ludivine Sagnier,  Roger van Hoole

Fabienne, icône du cinéma, est la mère de Lumir, scénariste à New York. La publication des mémoires de cette grande actrice incite Lumir et sa famille à revenir dans la maison de son enfance. Mais les retrouvailles vont vite tourner à la confrontation : vérités cachées, rancunes inavouées, amours impossibles se révèlent sous le regard médusé des hommes. Fabienne est en plein tournage d’un film de science-fiction où elle incarne la fille âgée d’une mère éternellement jeune. Réalité et fiction se confondent obligeant mère et fille à se retrouver...

La  Vérité

Un cinéaste japonais auréolé de la Palme d’Or en 2018, deux actrices françaises, stars du 7ème art Catherine Deneuve et Juliette Binoche réunies pour la première fois à l’écran, un casting international (le Belge Roger van Hool et l’Américain Ethan Hawke) une cuisine italienne, la cinégénie de Paris en automne, des jeux de miroir (mises en abyme et effets spéculaires) et cette thématique si chère à Kore-eda. (la famille et ses tourments)....Voilà de quoi séduire ! mais le film n’a pas été retenu au festival de Cannes et n’a pas été récompensé à la Mostra de Venise.

Et pour cause !!!

De quoi Kore-eda est-il le nom ? De quoi est-il devenu le non ??

Quid de la délicatesse de ses films mêlée à l’élégance de la forme ?

Incidences de la « délocalisation » ??

 

Certes le plan d’ouverture -repris en écho vers la fin – semble encadrer par sa référence aux estampes japonaises ce que sera la comédie douce-amère française qui va se dérouler sous nos yeux (à l’écran de la salle répond le théâtre miniature confectionné par le père de Lumir et que répare son mari meilleur amant qu’acteur ; lui le loser et sa fille seront pourtant les maillons indispensables dans le démêlement des scènes jusqu’à un semblant de  "réconciliation"  )

Une thématique pour le moins éculée -quand les chemins de le création croisent ceux de la vie- : authenticité et facticité, le vrai et le mensonge, le film et le film en train de se faire, la mémoire subjective parcellaire et la prégnance des souvenirs, le moi écrivant et le moi qui a vécu, le mentir-vrai... Qu’importe ! Elle peut être jubilatoire à condition que son traitement soit à la hauteur des prétentions affichées (on pense à Sils Maria d’Olivier Assayas)

Une sur-exploitation  des effets spéculaires que multiplient les miroirs (salle de bains ou glaces); et même dans cette scène très brève où vont se télescoper -par-delà ou par l'entremise du jeu-  les  émotions: celles du personnage interprété par Fabienne, Fabienne elle-même, et Catherine Deneuve et un plan furtif sur le visage de Lumir/Juliette Binoche qui, admirative,  regarde en retrait sa mère...et se souvient...

La symbolique (assez lourde) de la prison (la maison château où vit Fabienne, star vieillissante, se situe tout près de la Maison de la Santé ; un constat mentionné dès le début puis repris deux fois, au cas où le spectateur ne mettrait pas en parallèle deux formes d’emprisonnement ….)

Celle non moins convaincante de la tortue (magie de la sorcière qui réifie ou animalise)

Même la scène où au sortir d’un restaurant toute la "sainte famille" se met à danser sur un air d’accordéon, n’a pas la grâce des scènes de "temps suspendu"  d’ Après la tempête ou Notre petite sœur

Fabienne prend un plaisir iconoclaste à fustiger par des formules-choc l’incompétence d’acteurs ou cinéastes, le spectateur pourrait mutatis mutandis contester la "déification" de l’actrice Catherine Deneuve....

 

Un film pour le moins décevant ! (par rapport à de légitimes attentes)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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commentaires

Leo Solo 28/12/2019 20:34

Les lumières de la salle Jim s'éteignent et voilà que le film commence par une fenêtre qui serait ouverte par Bonnard.

Nous sommes peut être à la haute fenêtre sous les toits que l'on verra plus tard en contre plongée et d'où la petite fille sifflera comme un oiseau.

J'adopterai le regard de la petite fille à sa fenêtre, oiseau curieux dont les poumons s'emplissent de l'air frais du matin dans cette île improbable de verdure, bosquet au cœur même de l'immense ville qui enchâsse. Ce n'est qu'en hiver -qui fait tomber les feuilles et leur rideau - qu'on perçoit le roulement des rames du métro.

Avec son bonnet à pompon de couleur, émerveillée par la tortue centenaire qui va son train de pierre plate alors qu'elle, papillonne, grimpe les escaliers, se faufile entre de portes, disparaît dans un escalier qui plonge dans la ville, les photos, les affiches, les marques, les couloirs, les miroirs.

Car à mes yeux le personnage principal, c'est elle. Car c'est elle la surface de projection où s'impriment les faits et dires des grands adultes qui s'emmêlent , se démêlent avec leur passé. Elle, elle n'est que présent.

Gourmande.

On déguste ce qu'on voit comme un gâteau.

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