18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 05:48

De Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic.

Avec Jean-Christophe Folly, Isabelle Carré, Golshifteh Farahani, Sami Ameziane.

Dominick Brassan a le pouvoir de se rendre invisible. Il ne s’en sert pas beaucoup. À quoi bon, d’ailleurs ? Il a fait de son pouvoir un secret vaguement honteux, qu’il dissimule même à sa fiancée, Viveka. Et puis vient un jour où le pouvoir se détraque et échappe à son contrôle en bouleversant sa vie, ses amitiés et ses amours.

 

L'angle mort

L’angle mort est cet "espace qui échappe à la vision des automobilistes comme des caméras de surveillance",  soit une zone sans contrôle, soit un monde de tous les possibles soit un univers -si minuscule fût-il- à inventer ou réinventer .

En s’inspirant d’un projet d’Emmanuel Carrière les deux cinéastes confient le rôle de Dominick (un être doué de ce pouvoir singulier d’apparaître et de disparaître) à un Noir (seule idée politique du film affirment-ils coupant court à toutes les exégèses) et choisissent comme dynamique l’inverse de ce qui traditionnellement est lié au don d’invisibilité...Ce don est vécu comme un fardeau...à l’image d’ailleurs d'un « monde qui se détraque »

Pour se rendre invisible Dominick doit pratiquer certaines techniques de respiration/concentration et se mettre nu (et nous le suivrons, invisible pour les autres, dans ses déambulations dans la ville alors que la météo est peu clémente ; que de ruissellements et de froidure !!) Visible il travaille dans un magasin de guitares dans une remise en sous-sol ; visible il observe sa voisine aveugle...la seule d’ailleurs à capter l'insondable réel... Invisible, il le sera toujours,  quand il est confronté à des situations embarrassantes !!!

 

Le choix du format 1,33, les ambiances nocturnes, les couloirs interminables dans les immeubles  (avec de judicieuses profondeurs de champ) les souterrains (l’incroyable scène d’ouverture avec sa mise en scène virevoltante plaçait la naissance de Dominick sous l’égide de ces caves irradiées de musique) le refus d’effets spéciaux, tout concourt à faire de « l’angle mort » une œuvre qui tient du fantastique, du poétique (même si le duo invisible-aveugle est un peu éculé) et du réalisme (la matérialité du décor urbain) mais surtout qui interroge la solitude fondamentale de qui maîtriserait l’angle mort

 

Et pourtant malgré d’indéniables qualités (dont la prestation de Jean-Christophe Folly) ce film ne parvient pas à séduire de bout en bout (est-ce cette voix intérieure ? l’opposition mal traitée entre Dominick et Richard lequel utilise son « don » à des fins maléfiques ?  cette propension à  multiplier les angles de vue sur ...une pléthore de thèmes, dont certains à peine esquissés ?)

 

Insidieux, guette l’ennui 

 

Colette Lallement-Duchoze

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