28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 06:18

de Wang Xiaoshuai (Chine)

avec Jing-chun Wang, Mei Yong, Qi Xi

 

Au début des années 1980, Liyun et Yaojun forment un couple heureux. Tandis que le régime vient de mettre en place la politique de l’enfant unique, un évènement tragique va bouleverser leur vie. Pendant 40 ans, alors qu’ils tentent de se reconstruire, leur destin va s’entrelacer avec celui de la Chine contemporaine.

So long, my Son

Superposition des temps narratifs,  éclatement chronologique avec raccords (audacieux ou fluides), ellipses,  changement de points de vue, telle est bien la structure complexe de cette fresque familiale sociale et politique, de ce puzzle qui vibre d’émotions contenues (la mort de l’enfant en ouverture…) qui mêle l’intime et le collectif,  l'histoire individuelle et l'Histoire, le passé et le présent

 

Qui oserait encore prétendre que seule l’histoire prime dans l’appréciation d’une œuvre ?

Ici c’est bien plus la façon dont l’histoire est racontée...qui suscite l’intérêt et crée le suspense

 

Au montage vertigineux (où les changements d’époques épousent aussi les changements de lieux) s’ajoute  l’interprétation des deux acteurs principaux (Wang Jing-chun dans le rôle de Liu Yaojun le père et Yong Mei dans celui de Wang Liyun la mère) récompensés d’ailleurs à Berlin (Ours d’argent) interprétation qui va de pair avec la direction d’acteurs. Ajoutons la maîtrise des cadrages et la science des lumières;  ce tempo - qui fait alterner duos,  et scènes de groupes ; intimité toujours pudique et collectif, colères vives et paroles apaisantes  etc.-  ; la récurrence d'un thème musical et  la reprise de "ce n’est qu’un au revoir"

 

Le cinéaste illustre les conséquences de la politique mise en place par Deng Xiaoping (celle d’une démographie planifiée) sur la vie d’un couple pendant  plus de 30 ans (de 1980 à 2015). Un couple qui à l’écran est bouleversant d’humanité et d’abnégation. Le mélo (et la tentation guette insidieuse…) est .à chaque fois évité …Et si la longue séquence finale éclate de ferveur oecuménique voire d’irénisme, elle s’inscrit dans un contexte qui échappe forcément à  "notre"  façon d’appréhender d’autres pratiques culturelles que les nôtres…Esprits chagrins évitez l’ethnocentrisme !

 

Un film à voir!

Absolument!!

 

Colette Lallement-Duchoze

So long, my Son

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