26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 11:54

de Kirill Mikhanovsky

avec Chris Galust, Lauren "Lolo"Spencer, Maxim Stoyano

 

Présenté au festival de Cannes (Quinzaine des Réalisateurs)

Vic, malchanceux jeune Américain d'origine russe, conduit un minibus pour personnes handicapées à Milwaukee. Alors que des manifestations éclatent dans la ville, il est déjà très en retard et sur le point d'être licencié. A contrecoeur, il accepte cependant de conduire son grand-père sénile et ses vieux amis Russes à des funérailles. En chemin, Vic s'arrête dans un quartier afro-américain pour récupérer Tracy, une femme atteinte de la maladie de Lou Gehrig.

Give me Liberty

Un film pour le moins exubérant, parfois « confus » (raccords surimpressions cacophonie), au rythme effréné, une caméra virevoltante, et nous voici embarqués pour une journée dans un convoi de handicapés mentaux et moteurs et autres inadaptés (des obèses par exemple)…. Huis clos du bus, huis clos d’intérieurs détériorés qui sont comme les étapes qui jalonnent le parcours à travers la cité de Milwaukee (état du Wisconsin).  Vic conduit chaque jour des personnes à mobilité réduite, qui à l’école, qui à un concert, qui...Mais ce jour-là il accepte (quitte à perdre son boulot s’il ne respecte pas les horaires imposés!) de conduire son grand-père (Alzheimer) et des femmes de la communauté russe à un enterrement ainsi qu’un certain Dima (Russe) -lequel se fait passer pour le neveu de la défunte !!!

Le film va se focaliser sur les trois personnages de Vic le chauffeur (Chris Galust)  Dima l’intrus loufoque (Maxim Stoyanov et Tracy munie de son épée et en fauteuil roulant à cause de la maladie de Lou Gehrig, (Lauren Lolo Spencer) dont Vic est amoureux (le tourne disque qu’ils ont bricolé semble sceller leur union…) La cité hétéroclite aux communautés cloisonnées -afro-américaine, russe entre autres - (cf l’épisode de la manif) devient elle aussi un personnage à part entière . (On sait que Kirill Mikhanovsky né à Moscou et installé aux Etats-Unis fin 1980 s’est inspiré de sa propre expérience d’ambulancier pour ce film)

Ce qui frappe c’est l'énergie enthousiaste et communicative  qui habite chacun des éclopés  ; la longue séquence d’ouverture en avait donné le ton : un tétraplégique allongé, la cigarette aux lèvres (qu’une main vigilante -celle de Vic le chauffeur- dégage pour chaque bouffée) clame avec sérénité son amour de la vie « elle doit être chérie » Ce personnage -que nous verrons et entendrons à intervalles réguliers -, est de l’aveu même du réalisateur la  "conscience du film"

« Give me Liberty » Plus sournois que le handicap mental ou physique est celui de l’aliénation due à l’immigration .

 Et si le "handibus"  devenait la métaphore d’un melting pot  assumé ??? la concrétisation du  fameux rêve de Martin Luther King  "nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots"

 

Colette Lallement-Duchoze

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