2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 10:36

 

film slovène de Hanna Antonina Wojcik Slak

avec Leon Lučev Boris Cavazza, Jure Henigman

 

Présenté en avant-première au festival de Varsovie

 

 à Rouen en compétition dans le cadre du festival A L’Est,  a obtenu le prix du jury

Alija fait partie des immigrés bosniaques qui, trente ans plus tôt, sont venus travailler dans les mines de charbon de Slovénie. Il mène une existence confortable avec sa famille, mais la conjoncture est mauvaise et le chômage menace. Son patron lui confie la tâche d’explorer avec un jeune stagiaire une mine abandonnée avant de la vendre. Mais dans ce puits scellé depuis tant d’années se cache un terrible secret...

The Miner

Un des thèmes récurrents du cinéma des pays de l’ex Yougoslavie est l’obsession d’un passé douloureux (Seconde Guerre Mondiale;  guerre civile et l'épisode de Srebrenica en 1995) Pour la Slovénie s’ajoute un thème spécifique: celui de l’immigration de Bosniaques, après le morcellement ; des personnes auxquelles on refusait la nationalité slovène et qui, de ce fait, étaient  complètement déracinées. 

The Miner est au carrefour de ces trois hantises

 

La scène d’ouverture dans un environnement très lumineux met en scène le jeune Alija et sa sœur ; un cri déchire l’espace « ALIJA » la sœur s’éloignera à jamais.....Cette scène ce cri reviendront sous forme de cauchemar des années après, alors qu’Alija, seul rescapé de son village en Bosnie, s’est installé en Slovénie ; c’est un travailleur émérite et un père de famille heureux

Mais quand il découvre des ossements dans le " tunnel", il ne peut se plier aux diktats de son directeur qui le somme de faire un "faux" rapport...Les morts quels qu’ils soient ont droit à une sépulture ; c’est la conviction du "mineur" ; il incarne  ainsi une forme d’humanisme -celui que revendique la réalisatrice.

 

Un film sur le courage et la résistance ! Un film sur la dignité ! Alors que prévaut la stratégie  de l’effacement (et la mine avec ses boyaux, ses couloirs dédaléens, est déjà la métaphore de l’enfouissement ; si on la mure définitivement sans en extirper le charnier, elle ensevelira à jamais une Mémoire...fût-elle déshonorante pour un pays!)

Dans la mine avec des effets de clair- obscur (lampes frontales des mineurs) et des ambiances qui terrifient  le jeune stagiaire, Alija fait montre d’assurance ; il est dans son environnement, il fait corps avec lui. Il "fouille" le "tunnel"  comme il fouille malgré lui l’Histoire. Alors qu’au dehors, il est souvent en retrait, opinant du chef face à son directeur arrogant, par exemple ...Mais à un moment il hurlera son refus de la résignation "ça fait 30 ans que je ne fais qu’obéir"

 

Un drame psychologique, inspiré d’une histoire vraie, traité parfois comme un thriller -sans accompagnement musical-

On ne peut que louer le travail exemplaire du chef opérateur et l’interprétation sobre et élégante de Leon Lucev -acteur que nous avions déjà vu dans Circles  en  2013 du Serbe Srdan Golubovic

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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