1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 13:52

de Laura Mora (Colombie) 2017

avec Juan Pablo TrujilloNatasha JaramilloGiovanny Rodríguez

Présenté au festival A L'Est (section A L'Est dans le monde) 

Paula était présente lors de l’assassinat de son père, professeur à l’université de Medellín. Alors que l’enquête officielle est déjà classée, elle fait la connaissance de l’assassin, Jesús. La relation qui se noue entre eux, malgré le désir de vengeance de Paula, va ébranler les certitudes de cette dernière.

Inspiré par une tragédie qu'a vécue  la réalisatrice.

Matar a Jesus

Le film est dédié au père de la réalisatrice ; c’est d’ailleurs son assassinat qui lui sert de support  

 

 Soif de vengeance ? Questionnement sur le rôle de la justice ? Justice de droit et justice immanente ? Interrogation sur le difficile passage à l’acte ? Regard clinique sur la violence en Colombie, à Medellin en particulier ? Universalité d’un comportement malgré un ancrage bien particulier ? C’est tout cela à la fois qu'illustre  ce long métrage -le deuxième - de Laura Mora (née en 1981)

 

Dans un premier temps nous voyons la jeune fille Lita, enjouée, évoluer dans son environnement . Le film bascule après l'assassinat de son père (dont elle est témoin). D'abord tapie dans la douleur, elle décide de "prendre les choses en main" quand l'enquêteur a classé l'affaire (les cas de tueries urbaines sont si nombreux et nous manquons d'indices!!) Après avoir reconnu l'assassin , elle n'a de cesse de le traquer et de l'abattre; elle se lie d'amitié avec lui...s'invente une autre identité elle sera Paula . Dès lors nous allons les suivre dans les rues de Medellin grouillantes de monde et de pétarades, dans les intérieurs de bidonvilles assez glauques, dans les boîtes de nuit, dans l'appartement de la mère; loin de son milieu bourgeois et loin des remontrances de son frère, Paula nous entraîne dans un univers qui peut nous sembler interlope et cruel  mais qui est le quotidien de milliers de personnes et où les sicaires (dont Jesus) ne sont pas forcément habités par le Mal absolu

 

Caméra à l’épaule Laura Mora filme avec une forme de frénésie -qui rappelle celle des milieux explorés; elle fait aussi alterner séquences au rythme échevelé et ambiances plus lisses (avec d'ailleurs des effets faciles sur les cheveux lors d'une baignade par exemple);  ambiance onirique parfois (sur la piste de danse le couple est brusquement seul et comme auréolé...c'est que "les amoureux sont seuls au monde"; instant fugace car l'ambiance presque toxique reprend le dessus)

 

Le film obéit à un schéma circulaire: la fin nous ramène au point de départ  (Lita marche avec difficulté jusqu'au promontoire -mirador- et contemple à ses pieds la vaste ville) ainsi  la reprise de la même séquence laisse supposer que  nous avons assisté à un long flash back

 

Un film qui, certes, ne peut laisser indifférent (ne serait-ce que par le parti pris de réalisme) mais qui peine à entraîner l'adhésion ! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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