25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 04:54

de Nathan Ambrosioni

avec Noémie Merlant, Guillaume Gouix, Jérôme Kircher

 

Prix du public Jean-Claude Brialy, longs métrages français, au festival Premiers plans d'Angers

Charlie, bientôt 24 ans, mène une vie sans excès : elle se rêve artiste et peine à joindre les deux bouts. Quand son frère vient la retrouver après douze ans d’absence, tout se bouscule. Vincent a 30 ans et sort tout juste de prison où il a purgé une longue peine. Il a tout à apprendre dans un monde qu’il ne connait plus. Charlie est prête à l’aider. C’est son frère après tout, son frère dont la colère peut devenir incontrôlable et tout détruire malgré lui.

Les drapeaux de papier

Il n’a pas 20 ans. Il a commencé le tournage à 18 ans. Son film a reçu le prix du public au festival d’Angers (premiers plans)

Nathan Ambrosioni signe un film au sujet grave : la difficile réinsertion d’un détenu non accompagné, après plus de 10 ans d’incarcération. Un thème - inspiré d'un fait réel-  qu’il traite de façon épurée (pour ne pas dire minimaliste) : absence de bavardage, de fioriture ; pas de flash-back pour évoquer le passé, ou expliquer les raisons de la détention ; celles-ci seront livrées au compte-gouttes.  Une question "pourquoi tu n’es plus venue me voir ?"  une information glissée subrepticement "maman m’envoyait des drapeaux de papier",  laconisme  et  sous-entendus…

 

Ce très jeune et talentueux réalisateur s’inspire (c’est une évidence) de Xavier Dolan pour les cadrages très serrés qui emprisonnent les personnages tout  en les exhaussant au rang de "héros". Visages qui disent les fêlures, mais visages magnifiés. Dès les premières images, de très gros plans sur le crâne la nuque d’un individu que l’on ne verra que de dos jusqu’à sa sortie de prison, suggèrent un malaise  tout en imposant une évidente matérialité.  Ambrosioni soigne aussi les effets de lumière, de même qu’il irrigue son film de couleurs expressives (certaines carrément flashy) 

 

Guillaume Gouix est habité par le personnage de Vincent : en témoigne ce mélange  de fougue quasi viscérale et de tendresse : traumatisé par ses années de rétention il n’est pas à l’abri de violentes colères qui font voler en éclats les objets à portée de main et qui tétanisent, par la fureur de la parole, la sœur chez qui il a trouvé refuge ; mais il sait aussi être délicat: un regard d’enfant, une étreinte qui réconcilie. Le jeu de Noémie Merlant (qui interprète Charlie, la sœur) est quant à lui tout en nuances, sa maîtrise (et  c’est le nec plus ultra) paraît naturelle, comme  allant de soi! 

 

Les drapeaux de papier c’est une chronique à la fois intimiste (relation frère et sœur) et sociale (l’abandon d’un ex prisonnier quand il recouvre la "liberté" ) servie par deux brillants acteurs et filmée par un "génie"  précoce (les petits ratés et autres imperfections sont vite oubliés!!! )

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Partager cet article

Repost0

commentaires

Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

Envoyez vos articles ou vos réactions à: artessai-rouen@orange.fr.

Retrouvez aussi Cinexpressions sur Facebook

 

 

Recherche