26 janvier 2019 6 26 /01 /janvier /2019 08:25

de David Roux

avec Jérémie Renier, Marthe Keller, Zita Hanrot, Maud Wyler

Simon la quarantaine, pneumologue en milieu hospitalier, a consacré sa vie à cet univers chronophage. Côtoyant la maladie et la mort tous les jours dans son service de pneumologie, il a logiquement appris à s’en protéger. Mais quand sa mère est hospitalisée dans une unité voisine, la frontière entre l’intime et le professionnel se brouille. L’univers de Simon, ses certitudes et ses convictions vacillent...

L'Ordre des médecins

L’ordre des médecins c’est d’abord un Corps- Corps médical certes!  

Corps de l’Hôpital (il y aura très peu de scènes hors de ce vaste huis clos) dont nous arpentons les couloirs presque dédaléens jusqu’aux sous-sols, en suivant Simon filmé de face ou de dos -Ce plan qui revient de façon récurrente semble ponctuer l’itinéraire intérieur du personnage qui de spécialiste au service des autres va privilégier sa relation avec sa mère -quand il est confronté à la Douleur de la perdre...

Corps tentaculaire réparti en services, et à l’intérieur en chambres dont certaines dédiées aux soins palliatifs, en salles de réunion -où les décisions sont prises collectivement- en salles de restauration. Des portes, des ascenseurs,  etc. etc. Un univers aux couleurs froides mais où palpite la Vie (cf soirées bien arrosées pour fêter un anniversaire entre autres). Car il s’agit bien d’une dichotomie que le réalisateur (dont c’est le premier long métrage) traite avec ce qu’il faut de justesse et d’émotion. Équilibre assuré par le choix des interprètes dont Jérémie Renier -acteur fétiche des frères Dardenne- qui incarne avec sobriété le pneumologue et Marthe Keller qui au seuil de la mort sait garder ce côté chaleureux nécessaire au personnage de cette fiction

Corps écartelé -tout comme la conscience- entre l’intime et le professionnel. Corps meurtri, corps avide de sensations (cf cette jeune patiente atteinte de mucoviscidose)

Corps et Paroles (celles des patients, de leurs proches saisis par l’Innommable ; celles du personnel soignant, à leur écoute…)

Un film émouvant -pour ne pas dire bouleversant- à déconseiller peut-être aux  personnes sensibles ayant vécu dans leur chair, la perte d’un être cher – à moins que de miroir grossissant il ne joue le rôle de catharsis ....

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Melocoton, où elle est Maman ?
J’en sais rien; viens, donne-moi la main...

 

 

 


 


 

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