16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 10:05

De Steve McQueen

avec Viola Davis, Michelle Rodriguez, Elizabeth Debicki, Cynthia Erivo, Colin Farrel, Liam Neeson

A Chicago, où le 18e district est détenu depuis des lustres par la famille Mulligan, issue de la bourgeoisie blanche protestante, arrive un challenger noir. Les deux bords sont autant corrompus l’un que l’autre. Au milieu, un groupe de braqueurs entretient des rapports troubles avec eux. Leur dernier casse tourne mal et ils y perdent tous la vie. Sous pression, leurs veuves, qui ne savaient rien de leurs agissements, doivent rattraper le coup pour sauver leur peau...

 

Les Veuves

Après les incontournables Hunger et Shame et le plus spectaculaire 12 years of slave on était en droit d’attendre beaucoup d’un réalisateur très talentueux qui allait se plier aux codes d’un film de genre...le thriller

Espoir partiellement déçu

 

Certes le tout début (qu’on peut assimiler à un prologue) est saisissant : montage qui fait alterner l'intimité entre les  braqueurs et leurs femmes et  leur braquage raté. Certes l’écriture du thriller obéit à certaines règles : rythme parfois enlevé, suspense et rebondissements. Et l’on comprendra vite qu’il s’agit moins de l’histoire d’un casse exécuté par les « veuves » que la réappropriation par ces  femmes de leur propre existence jusque-là vampirisée par leurs époux ou bafouée et piétinée par la famille. Et il y a, comme toujours chez Steve McQueen en toile de fond, une analyse sociologique et  politique (on pourrait faire la liste de tous les thèmes abordés depuis les rapports homme/femme jusqu’à la corruption et le contraste entre violence systémique et violence littérale) On retrouve aussi ce goût prononcé pour les plans séquences ou les très gros plans à connotation symbolique (ici par exemple le baiser qu’échangent Harry et Veronica avant le braquage manqué est comme une « dévoration » que la dernière partie du film illustrera…)

 

Mais est-ce parce qu’il s’agit d’une adaptation en 2h d’une série britannique des années 80 (transposée dans le Chicago contemporain) que la multiplicité de personnages induit une forme d’éparpillement ? De même l’intrigue principale déjà pleine de ramifications, est comme délaissée ou du moins juxtaposée à l’intrigue politique (elle-même riche en sous-intrigues : dont le duel père/fils Mulligan) On a l’impression désagréable d’une compilation...Et que dire de ce flash back -mort du fils de Veronica et Harry- censé justifier le retournement de situation et le twist (dans l'intrigue principale) alors qu’il achève le pot pourri

 

On gardera toutefois en mémoire cette scène où Veronica (Viola Davis) pleure en regardant Chicago de son loft blanc alors qu'on entend la voix de Nina Simone

 

Colette Lallement-Duchoze

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