22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 07:30

de Louis-Julien Petit

Avec Corinne Masiero, Audrey Lamy, Déborah Lukumuena, Noémie Lvovsky,

et des comédiennes non professionnelles ayant elles aussi vécu des épisodes de vie douloureux.

 

 

Prix de la meilleure réalisation lors de la première édition du Festival International du Film Politique.

Sortie mercredi 9 janvier 2019

Vu en avant-première le vendredi 14 décembre 2018 à l’Omnia (en présence du réalisateur et de l'actrice Deborah Lukumuena)

Suite à une décision municipale, l’Envol, un centre d’accueil de jour pour femmes SDF (là où elles viennent prendre une douche et trouver un peu de réconfort) va devoir fermer ses portes. Il ne reste que trois mois à une petite poignée de travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les malheureuses exclues dont elles s’occupent. Il faut recourir à la débrouille. Pourquoi pas créer une ressourcerie ? Et puis il y a aussi les petits arrangements, les falsifications, les pistons et les mensonges qui permettent d’avancer… Désormais, tout est permis !

Les Invisibles

 Elles exercent leur métier dans l’ombre, mènent un combat acharné mais "invisible" ; à ces travailleuses sociales "résistantes des temps modernes" Louis-Julien Petit rend hommage. Elles sont passées par la rue ont connu la violence, la prison et sont accueillies dans un centre de jour pour SDF, ces "invisibles" -celles que l’on côtoie sans "oser"  les regarder- vont passer de l’ombre à la lumière.

Le sujet de ce film ? un combat collectif -celui qui unit ces deux catégories d’invisibles-. Et puisque nécessité fait loi on bafouera allègrement cette dernière. Voici  des travailleuses sociales et leurs bénévoles décidées, dans l’urgence, à réinsérer coûte qu coûte les femmes dont elles s’occupent : leur centre d’accueil de jour (légal) deviendra presque de facto un centre d’accueil 24h/24h (illégal)

 

Un sujet dramatique traité souvent de manière comique (à la façon de Roberto Benigni) tout en respectant un ton juste ; mélanger « rires » et « larmes »

C’est précisément ce qu’expliquait le réalisateur lors de l’avant-première à l’Omnia (14/12/18) en réponse aux questions sur la genèse, le casting (j’ai passé un an comme bénévole en centres d’accueil pour femmes à Grenoble et à Paris [...]Je me suis inspiré du livre et du documentaire de Claire Lajeunie sur les femmes SDF paru en 2014 [….] j’ai casté plus d’une centaine de femmes et j’en ai choisi 15 […] mais pour conserver leur anonymat je leur ai fait choisir le nom qu’elles souhaitaient : on a eu ainsi Edith Piaf, Brigitte Macron, Lady Di, Simone Veil […]

 

Le film tourné à Anzin et Tourcoing, peut s’appréhender comme une comédie sociale. Une comédie roborative certes : rythme souvent enlevé, refus constant du misérabilisme, humour, truculence du personnage de Chantal qu’interprète Adolpha van Meerhaegue,  (et comme dans le film elle a connu la prison et la rue)

Un film sur des "Femmes Courage" ; un film qui pointe du doigt (sans militantisme ni moralisme) les dysfonctionnements d’un système, 

Mais sa forme de feel good movie (serait-ce dans l'air du temps?)  et une absence de réelle proposition cinématographique (néo-réalisme social? pour le différencier d’un Stéphane Brizé ou des frères Dardenne ?) risque de décevoir certains....

 

Colette Lallement-Duchoze 

Le 21/01/2019

Après l’excellent précédent long métrage “Discount”, Louis Julien Petit nous régale d’un film tonique et drôle au sujet pourtant si casse gueule, si hyper délicat.

 Quelle jubilation autour de la misère ! : Le réalisateur réussit ce tour de force de faire rire sans se moquer, d’émouvoir sans tomber dans la compassion,  de dénoncer notre société sans manichéisme ni angélisme.

Il fallait aussi l’immense talent de Corinne Masiero - qui a elle même vécu une situation de débine extrême -, le talent surprenant d’Audrey Lamy, et la générosité si charmante de Noémy Lvosky, pour nous éviter les clichés habituels sur les SDF. L’apparition de la grosse black Deborah Lukumuena est la cerise sur le gâteau ! énorme au sens propre et figuré, criante de justesse et de bonhomie.

Sur le fil du rasoir, on est transporté à l’intérieur de ce monde si mal connu des spectateurs lambda. Le scénario a l’intelligence de donner du souffle à ces vies étouffées, de faire jaillir l’humour et l’espoir au cœur des ténèbres.

 Bravo à ce  Louis Julien Petit d’avoir eu le courage et l’adresse d’apporter un regard tendre, bienveillant, cocasse et si respectueux de ce monde de plus en plus nombreux.

Allez voir ce film qui fait l’effet d’une bonne douche !

 Serge Diaz

 

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