12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 09:17

Documentaire de Hendrick Dusollier

 

Récompenses:

Cinéma du réel: prix du meilleur documentaire & prix du jury jeunes

Festival de Brive: prix du jury & prix du public

Idfa: (festival international du film documentaire d'Amsterdam)  prix spécial du jury 

this human world: prix du meilleur documentaire 

Derniers jours à Shibati

Nous sommes à Chongqing la plus grande agglomération du monde (Ouest de la Chine) 83 000 kilomètres carrés, soit une trentaine de fois Paris et sa région…Et plus particulièrement dans un quartier voué à disparaître : Shibati.

 

La tentation eût été facile de procéder à une forme de dichotomie : les bribes d’un monde souterrain presque anachronique et en regard -témoignage de l’urbanisation galopante- la ville moderne. Il n’en est rien -même si revenant deux fois 6 mois après avoir filmé les habitants de Shibati et leur mode de vie – le documentariste illustre leur difficile adaptation à un processus  imposé voire inéluctable. C’est l’humain et uniquement l’humain qui intéresse Hendrick Dusollier ; la dénonciation se lisant en creux. L’humain à travers trois personnages : M. Li, le coiffeur, le gamin Zhou Hong et la femme aux cheveux blancs au sourire d’ange et à l’âme d’enfant, Xue Lian

 

Hendrick Dusollier nous entraîne dans l’univers dédaléen de Shibati fait de ruelles d’escaliers d’échoppes, de détritus, de petites maisons accrochées à la roche recouvertes d’une végétation quasi tropicale Sa méthode ? Se promener innocemment (mais avec tout son matériel vidéo) filmer avec discrétion ; rester extérieur tel un observateur (même si par moments on voit sa main son portable et que l’on entend sa voix qui questionne ou répond ...dans des dialogues de sourds.. forcément quand on ne connaît pas la langue ni de surcroît le dialecte ! D’abord suspect (va-t-en ! Tes images sont fausses ce n’est plus ça la Chine…) il se lie d’amitié avec un enfant, enfant-guide ébloui par la Cité de la lumière et de la Lune (qui n’est autre que l’immense centre commercial dont la façade lumineuse éclaire Shibati !!)   Empathie très forte aussi avec Xue Lian : cette femme âgée qui vit (vivote) du commerce de détritus et de déchets, sait qu’il y a une âme en chacun d’eux et ceux qu’elle conserve elle les exhausse au rang de reliques. C’est son mausolée !

 

Alors oui quand 6 mois après, le documentariste revient sur les lieux, il filme une béance à ciel ouvert où survit ça et là un témoignage isolé d’un temps révolu, celui de la Chine pré industrielle. Alors oui quand 6 mois encore après, Hendrick Dusollier retrouve ses « amis » il les filme dans leur nouveau « contexte » de vie fait d’uniformisation... inhumaine…Eux les « survivants » seront fatalement déboussolés une fois relogés dans les immenses tours à la périphérie !

 

C'était la dernière séance hier mardi à l'Omnia...Dommage que ce documentaire exceptionnel qui a su capter avec humanité les derniers moments d’un quartier, d’une époque n’ait pu garder l’affiche plus longtemps !!

 

Devant ce type de cinéma ce qui se passe devant soi et ce qui sera dans le film on ne l’a pas préparé ni mis en scène et on ne l’a pas recréé non plus en post production. Je trouve que c’est une expérience unique (Hendrick Dusollier)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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