3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 12:49

De Gilles Lellouche

avec  Mathieu Amalric, Benoît Poelvoorde, Philippe Katerine, Guillaume Canet, Jean-Hugues Anglade, Leïla Bekhti, Virginie Efira, Marina Foïs, Félix Moati Alban Ivanov. 

Présenté Hors Compétition au festival de Cannes

 

 

C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là réservée à la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie...

 

Le grand bain

Le film cartonne au box office  ; la critique est dithyrambique (avec de prétendus jeux de mots ou d’esprit « on nage dans le bonheur » «la piscine est un bain amniotique ». « émotions synchronisées » « film qui brasse des larmes coulées » « plongeon grisant dans la vie de quelques personnages » .

Et pourtant !!!

Certes le film, empreint d’humanité, rompt avec les diktats du machisme (voici des quadras quinquas bedonnants et maladroits, sous la férule d’une coach paraplégique qui les rudoie, les violente ; cabossés de la vie, mal dans leur peau ils misent sur une fraternité retrouvée loin des clichés virilistes) ; certes on devine l’empathie du réalisateur pour ses personnages (et surtout pour les acteurs qui les interprètent) ; certes G Lellouche évite misérabilisme et pathos 

Mais…

 

Le film aurait gagné à être plus court :on pourra toujours rétorquer que le réalisateur tenait à illustrer leur parcours de « loser » -qu’une fin « miraculeuse » semblable à la magie qui fait entrer un cercle dans un carré – va « guérir » ; n’empêche le film patine pendant une bonne heure. A  cela s’ajoutent des blagues éculées ou des gags attendus..Le goût pour les travellings, les vues en plongée (si prégnantes dès le prologue qui se veut à la fois onirique et philosophique) et les entrechats aquatiques, trop prononcé, vire au procédé !

 

On compare « le grand bain » à the full monty, le grand jeu. Les points communs ? Un collectif improbable ; l’abandon momentané de tout ce qui corsète : on se dénude on se met à poil -sens propre et figuré-- ; la pratique par un groupe d’hommes d’une activité réservée par tradition aux femmes : strip-tease pour l’un, natation synchronisée pour l’autre. Mais dans le film britannique de 1997 on devinait la volonté du réalisateur de ne jamais détacher son intrigue comique du contexte social, -l’austérité de la politique thatchérienne… les victimes du chômage-. Dans le grand bain on aligne des cas particuliers: un chef d’entreprise surendetté (Benoît Poelvoorde/Marcus) ; un jeune et brillant directeur d’usine qui, incapable d’assumer la maladie de sa mère, fuit sa responsabilité de père (Laurent/Guillaume Canet) ; un musicien nostalgique qui ne sera jamais David Bowie (Simon/Jean-Hugues Anglade),un quinquagénaire en dépression depuis deux ans (Mathieu Amalric/Bertrand) : c’est sur son « cas » que débute le film ; c’est lui le narrateur et c’est sa voix (en off) qui clôt la « parabole » ; reste que Balasingham Tamilchelvan « l’étranger » est sur la touche (seule blague : il ne s’exprime qu’en tamoul et les autres sont censés comprendre son discours ! )

 

Comédie sociale ? Portrait de notre société à travers ces déglingués de la vie ? Peut-être et ...encore !

Opposition losers et winners ? Pourquoi pas ?

Questionnement sur la virilité dans notre société soumise à des clichés devenus normatifs ? Mais encore ?

Même les réunions de vestiaire où chacun à tour de rôle va s’épancher, peinent à témoigner de la force du collectif (impression fâcheuse que ces confessions sont plaquées artificiellement) alors qu’elles sont censées fédérer

 

Une comédie « bankable » (cf le casting…avec une mention particulière à Philippe Katerine)

A éviter

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Bien dit !

Même si j’ai bien aimé les cadrages et vues en plongée.
 
Fabien

3 Nov 2018

 

 

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