26 mai 2018 6 26 /05 /mai /2018 05:52

Documentaire réalisé par Apostolos Karakasis (Grèce) 2015

Lorsqu'une usine ferme à Thessalonique, 70 employés courent le risque de ne plus jamais trouver de travail. Ils décident alors d'occuper l'usine et de la faire fonctionner eux-mêmes. Sur les ruines de l'économie la plus ravagée d'Europe, une utopie égalitaire est en train de naître. Un an après l'occupation, des conflits internes surgissent.

 

Prochain arrêt : Utopia

Les premiers plans surplombent  la ville de Thessalonique alors que s’affichent dans un encadré de terribles chiffres et pourcentages (le nombre d’usines fermées, le taux de chômage). Puis voici des plans rapprochés sur l’usine vide et  sur les ateliers de fabrication,  déserts.... La Grèce frappée de plein fouet….par la "crise"

Et pourtant malgré le nombre toujours plus impressionnant de chômeurs, les employés de l’usine de matériaux de construction Vio.Me décident d’occuper l’usine de la faire fonctionner eux-mêmes. Utopie ? Oui (certains interviewés ne connaissent pas le terme "autogestionnaire") une utopie en marche contre les "cow-boys de la finance", contre les lois préconisant et instituant le règne de la propriété privée des moyens de production, et contre leur ex patronne.

 

Ce documentaire est la chronique d’une "victoire". Apostolos Karakasis a suivi le parcours de ces "autogestionnaires"  depuis la fermeture de Vio.Me,  l’appropriation des moyens de production, le changement d’orientation -on fabriquera des détergents naturels respectueux de l’environnement - (le message est clair "un autre mode vie radicalement différent est possible") ; en encadré couleur bistre apparaît à intervalles réguliers le nombre de jours d’occupation)

Il met à nu les énormes difficultés auxquelles les travailleurs sont confrontés et le spectateur a l’impression que tout va foirer….Tant d’obstacles ; problèmes d’ordre administratif législatif économique et querelles internes ; menaces d’expulsion et menaces de dissolution ; autant de risques de délitement

Le documentariste filme les assemblées générales -le collectif – où s’affrontent les points de vue,  où se prennent les décisions Comment s’organiser sans hiérarchie ? Comment répartir les tâches ? Fixer les horaires les salaires ? Comment choisir ce que l’on produit, comment on le produit, comment on le vend au sein de la concurrence capitaliste ? Etc.. Et en contrepoint voici le  "témoignage"  et les "commentaires"  de l’ex patronne -visage face à la caméra

L’itinéraire est balisé par la visite d’homologues argentins (ceux de la fabrique de céramique Zanon FaSinPat " usine sans patron" qui depuis 2002 a « réussi » son pari) et la venue de Naomi Klein -la cour de l’usine s’est métamorphosée en une salle de conférence à ciel ouvert- rappelons qu’elle-même a popularisé dans "the take" 2005 les expériences menées en Argentine

Quelle est la validité d’une loi qui loin de promouvoir le droit au travail met tout en œuvre pour le saboter allègrement ….. ?

 

Exemple de ténacité dans une situation économico-juridique tendue Prochain arrêt Utopia est l’illustration d’une économie sociale et solidaire réussie 

on n’emploie plus le pronom « je » préconise -t-on lors d’une assemblée ;

dans un autre pays ils iraient en prison affirme cynique (?)  l’ex patronne…

 

Un documentaire à ne pas rater!!!

 

Colette Lallement-Duchoze

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