21 février 2018 3 21 /02 /février /2018 09:20

D' Antony Cordier 

Avec Félix Moati (Gaspard) Laetitia Dosch (Laura) Christa Théret (Coline) Guillaume Gouix (Virgil) Johan Heldenberg (Max le père) Marina Foïs (Peggy la vétérinaire)

Après s'être tenu prudemment à l'écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l'annonce du remariage de son père. Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps du mariage, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l'ont vu grandir... .

Gaspard va au mariage

Drôle et fantasque ce film d’Antony Cordier se prête aisément (trop peut-être) à une lecture plurielle

Le lieu ? Un zoo où humains et animaux vivent en "bonne compagnie" Or cette unité de lieu -avec ses espaces dédaléens : l’enclos, les coulisses, la forêt avoisinante- se transforme par métaphore en cet espace labyrinthique du passé qui resurgit à la faveur de flash-back (relation avec la mère tragiquement disparue, rapports "incestueux" entre Gaspard et Coline) et c’est de ce passé encore prégnant qu’il convient de se départir, de s'arracher; l’aventure de Gaspard -qui s’est déplacé pour assister au remariage du père- est précisément cette tentative de libération "trouver quelqu’un qu’on aime plus que sa famille"

Gaspard va au mariage ou les derniers jours de l'enfance...

Les trois chapitres (suivis d’un épilogue) qui  structurent  le film à la manière d’un livre de contes, sont censés apporter un éclairage particulier sur "la petite amie imaginaire" " l’homme d’une seule femme", "celle qui mange les racines"  mais ce n’est que trompe-l’oeil…le spectateur s'étant déjà "familiarisé" avec chacun des trois (faux encarts godardiens?) 

La longue séquence d’ouverture avait donné le ton: des zadistes(?) menottés sur des rails manifestent en bloquant le passage d’un train … Et ce pseudo déraillement va encoder tout le film. Voici Coline : affublée d’une peau d’ours, elle rappelle le personnage de "peau d’âne" (telle une ursidée elle renifle, se gratte contre les arbres .....) ; voici le père qui se plonge nu dans un aquarium où des poissons suceurs vont soigner son psoriasis…voici un jeune tigre qui arpente avec aisance l’intérieur de la demeure familiale ; voici des gibbons chanteurs, un tapir câlin. Des humains qui se dénudent sans exhibition . Un zoo authentique géré par une famille (zoo miniature) sous le regard parfois halluciné de Laura !!

Aux rappels du génie inventif de Gaspard (parachutes pour bouchons de champagne par exemple) répondent en écho inversé des menaces qui vont fissurer ce milieu (protégé?): des chiens sauvages s’attaquent aux animaux les plus fragiles ; d’énormes difficultés financières vont sonner  le glas de l’entreprise familiale...

Comédie douce amère, conte initiatique, ce film est d’abord une respiration ; elle a bien sûr des hoquets (traitement des flash-back, faux rebondissements, épilogue plus ou moins attendu, symbolisme parfois appuyé …) mais elle n’en est pas moins tonique ne serait-ce que par le mariage entre tendresse et burlesque et le questionnement assez original sur notre part d’animalité

 

Colette Lallement-Duchoze

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