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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 06:47

De Pepa San Martin (Argentine Chili) 

avec Mariana Loyola, Agustina Muñoz, Julia Lübbert 

 

Grand Prix Kplus de la Berlinale 2016

Présenté à Rouen en avant-première dans le cadre de Ciné-Friendly , les journées du film lesbien gay bi et trans 

 

Argument: Depuis le divorce de leurs parents, Sara, 12 ans, et sa petite sœur Cata vivent avec leur mère et la compagne de celle-ci. Leur quotidien, fait de tendresse et de complicité, ressemble à celui d’autres familles. Lorsque leur père tente d’obtenir leur garde, l’équilibre de la famille semble mis à l’épreuve…

 

Rara

Si la réalisatrice s’est inspirée d’une histoire vraie -celle d’une juge qui à cause de son homosexualité a perdu la garde de ses enfants- elle adopte pour son film le point de vue de Sara, jeune adolescente qui connaît ses premiers émois "amoureux" et qui va porter un nouveau regard sur le monde des adultes. C’est moins un questionnement sur l’homoparentalité en général -ses aspects juridique sociétal moral voire philosophique - que le vécu d’une enfant qui vivait en harmonie avec ses "deux mamans"  mais qui va prendra conscience de l’altérité (anormalité diront son père Victor, ou sa grand-mère Icha dans le film ; abomination entend-on encore en France de la bouche de certains élus ou en passe de l’être….) Douloureuse initiation !

 

 

Sara est donc de tous les plans. Le film s’ouvre d’ailleurs sur un long plan séquence :vue de dos elle  traverse la cour de son collège, arpente le gymnase, des salles, monte ou descend des escaliers jusqu’au vestiaire. Ce qu’elle perçoit dans et de cet espace fragmenté semble intériorisé à tel point que parfois ses camarades de volley sont comme "floutés" Puis vont se succéder sur un rythme assez rapide des saynètes comme autant de tableautins d’une quotidienneté "assumée" (repas, chamailleries avec la sœur Cata, départ précipité le matin pour aller au collège, visites régulières chez le père, etc..) car c’est précisément dans le rapport à l’autre que va se jouer la prise de conscience (rapport avec sa sœur cadette, avec son père et sa belle-mère, avec ses deux mamans, avec son amie au collège et son "amoureux") Des bribes de discussions (hors champ) entre sa mère et sa grand-mère ou de conversations téléphoniques entre son père Victor et sa mère Paula, les gémissements de plaisir de Lia et Paula, les questions posées par son amie Pancha, tout va désormais la déconcerter. (cf la graphie du "r" inversé dans le titre...) Elle en vient à préférer fêter son anniversaire dans la maison de son père (l'ambiance sera plus  "normale"...)

La perception d'un  environnement  particulier, le regard de l’autre c’est la douleur silencieuse de Sara...(admirablement interprétée par Julia Lübbert); douleur qui sera peut-être décuplée quand la justice aura statué sur la garde des enfants....

 

 

La réalisatrice en adoptant ce point de vue évite du même coup les clichés, toute forme de manichéisme ainsi que les caricatures "faciles" (elle suggère plus  qu’elle ne montre et la force en sera d’autant plus persuasive). En mettant en scène tous les petits riens qui tissent un jour, une semaine, une vie, en faisant alterner légèreté -dans des scènes presque chorales- et tensions -cadres plus serrés- elle aura trouvé un ton juste… même si des esprits chagrins lui reprocheront certaines longueurs…. Une maturation ne saurait être instantanée….

 

La fin du film claque tel un couperet (même si elle était plus ou moins annoncée et qu'à un moment la grille séparant Lia qui vient de conduire Sara chez son père, se ferme telle une fin de non-recevoir symbolique)

Écran noir ! La justice a tranché !!!!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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