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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 17:49

De Wissam Charif  (Liban, France)

Avec Raed Yassin, Rodrigue Sleiman, George Melki

 

Argument: Après 20 ans de séparation, Samir, ancien milicien présumé mort, réapparaît dans la vie d’Omar, son petit frère devenu garde du corps à Beyrouth. Entre drame et comédie, Samir doit se confronter à un pays qui ne lui appartient plus.

Tombé du ciel

Deux scènes encadrent le film en se faisant écho. Dans la première un homme au bord de l’épuisement arpente des collines enneigées (la bande son surligne le crissement de ses pas) il échoue sur un trottoir à Beyrouth ; dans la dernière le même après avoir sauté d’un parapet est renvoyé par la mer et il échoue sur la plage. Que s’est-il passé entre ces deux moments ? Qui est ce « fantôme » voué à revenir et disparaître ? C’est la dynamique interne du film.

 

Lui c’est Samir. Ex milicien -que l’on croyait mort- il revient comme « tombé du ciel » dans le pays de son adolescence; il est hébergé chez son frère cadet Omar devenu un malabar  bodyguard (certes empoté...)

Mais que de désillusions ! Le Liban qu’il "découvre" lui paraît étrange car il s’y sent "étranger" -des filles que l’on drague sur la corniche, des magasins de voitures de luxe qui semblent florissants et tandis que dans des villas avec piscine on s’acoquine retentissent au loin les armes (attentats suicides ?). Pire ! Les personnes rencontrées semblent aussi déboussolées que lui (le voisin qui augmente le son de la télé quand précisément on lui demande de le baisser, le père âgé qui récite tel un psittacidé les victoires que le Liban a gagnées sur ses envahisseurs, etc). Stigmates de la guerre civile au Liban (1975-1990) ?

 

Le réalisateur a choisi le format 1,33 (celui dit du « carré » qui enferme les protagonistes dans le cadre, et qui ne restituera que des lambeaux de "décors" -appartement, immeubles ou paysages), il a opté pour le mode de la comédie "douce-amère" avec des florilèges d'absurde...Volonté de dédramatiser ? dépassionner? ou photographie à peine déformée du Liban actuel? Les spectateurs présents lors de la rencontre avec le réalisateur auront peut-être la réponse.....

 

Cela étant, le thème du "revenant" qui au final s’éclipsera après avoir porté un regard amusé et grave à la fois,  sur un réel morcelé (ce dont rend compte l’option du réalisateur pour une succession de « sketchs » parfois burlesques) est plus qu'intéressant! -même si son traitement n'est pas toujours convaincant...

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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