11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 07:48

De Zrinko Ogresta (Croatie, Serbie)

Avec Ksenija Marinković (Vesna) Lazar Ristovski (Zarko) Tihana Lazović (la fille Jadranka) (Robert Budak, (le fils Vlado)

 

 

Film présenté en compétition au festival à l'Est du nouveau Rouen (3/12 mars 2017)

http://www.alest.org/fr/a-lest-nouveau/

Argument

Il y a 20 ans Vesna, infirmière à domicile,  a déménagé à Zagreb avec ses deux enfants. Mais un appel téléphonique inattendu fait ressurgir le souvenir d'un secret qu'elle a tenté de cacher durant toutes ces années 

On the other side

Vesna est infirmière à domicile à Zagreb; elle soigne ses patients avec dévouement, panse les plaies. Mais aura-t-elle le pouvoir de suturer celle qu’un coup de téléphone vient de raviver ? Cette blessure qui taraudera son esprit, ébranlera ses certitudes, 20 ans après les faits…

On ne voulait plus entendre parler de celui qui a jeté l’opprobre sur sa famille et son " pays ". Ce fantôme de malheur a une voix, cette voix n’a rien de spectral….et pourtant…

 

C’est progressivement que le spectateur découvre le passé enfoui dans les consciences celui qu’on a cherché à occulter celui pour lequel on est condamné (le " vrai " mari avait " changé de bord " en passant de l’autre côté, il a été condamné comme criminel de guerre ; il est de l’autre côté de la frontière en Serbie). De même qu’il identifiera progressivement celui qui appelle en se faisant passer pour l'ex mari de Vesna. Et en disposant d’indices (le premier plan avec ses travellings sur des portraits, sur la table avec 2 téléphones portables, un journal et un jeu d’échecs ; au final le même plan mais avec une insistance sur le portrait du couple; la conversation à " double sens " ; sa présence furtive à l’écran assis dans un bar ou debout sur un balcon qui ressemble étrangement à.. ) le spectateur  serait-il comme un médiateur, -le seul témoin ? se substituant à l’oeil de la caméra

 

Et pourtant le réalisateur tout au long de son film a placé comme des " obstacles " entre sa caméra et le personnage filmé -ce dont rend bien compte l’affiche- : vitres, fenêtres, stores, rideaux; de l’autre côté d’un miroir ou d’une cloison d’appartement, comme on peut se trouver de l’autre côté de la frontière. La récurrence de ce procédé (" images de l’autre côté ") illustre le sens figuré : de l’autre côté de l’esprit (entendons que l’homme peut accomplir des actions qui dépassent la raison). Tout cela se double d’effets spéculaires (reflets dans les vitres ,dans le rétro de la voiture, dans le miroir d’une salle de bain) alors que des plans sont " coupés " par les murs. Effets spéculaires en résonance avec la " double peine " dont est victime Vesna (admirablement interprétée par Ksenija Marinković) – une " mère courage " qui suscite l’empathie. Elle porte le film à bout de… jusqu’au bout de ...

 

Ainsi, en déclinant les sens propre et figuré de l’expression " on the other side " le film dépasse le contexte de la guerre en ex- Yougoslavie et de ses traumas;  et acquiert une portée universelle ; un film d’une puissance rare -sur le pardon?

 

Colette Lallement-Duchoze

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