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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 06:39

De Fanny Ardant 

avec Gérard Depardieu Emmanuelle Seigner Paul Hamy 

 

Argument: "Dans une résidence secrète où Staline vieillissant est venu se reposer quelques jours, un jeune peintre, Danilov, vient présenter au dictateur son projet artistique d’un monument posthume à sa gloire. Lidia, la maîtresse de Staline, a sélectionné Danilov et son œuvre parmi d’autres artistes et c’est elle qui l’introduit auprès de Staline. Par ce choix, c’est aussi sa vie qu’elle joue dans cette rencontre qui n’est pour elle et Danilov qu’un jeu de dupe, de mensonges et de terreur".

Le divan de Staline

Adapté du roman de Jean-Daniel Baltassat, (Seuil 2013), Le divan de Staline a permis à  Fanny Ardant de faire concorder sa "passion pour la Russie", et l'amour qu'elle porte à Depardieu "Dans l’histoire que je voulais raconter, Gérard allait apporter son ambiguïté, sa connaissance des êtres humains, son goût du jeu et de la séduction, son intelligence brillante mais sa vulnérabilité malgré tout"

De fait Depardieu envahit parfois l’écran de son énorme stature, pousse ses gueulantes (à pétrifier son personnel) ou retrouve son phrasé quand il est en tête-à-tête avec sa maîtresse ; presque pathétique quand il évoque l’unique amour de sa vie ; souvent cynique -suscitant la peur qu’il lit d’ailleurs dans un regard une expression – il scrute interroge détecte le mensonge sous les dénégations « non je n’ai pas peur » (chacun sait que c’est sa pire ennemie) ; monstrueux quand il signe les arrêts de morts d’insurgés, ou se moque de cette femme qui se pâme gisant à même le sol après avoir baisé sa main…

Il a beau conspuer le fou de Vienne le charlatan il se « prête au jeu de l’analyse (la maîtresse remplacera  Freud dans l’interprétation des rêves) « Que Staline dorme sur le divan du charlatan viennois, j’en connais à qui ça plairait de l’apprendre »

Est-ce le même qui de sa fenêtre scrute avec ses jumelles les allées et venues de sa maîtresse dans le jardin jusqu’à l’atelier du peintre ? 

L’ambiguïté c’est ce qui intéresse la réalisatrice qui élégante dans ses propos a su convaincre hier soir le public ; avec ce timbre de voix,  ces gestes de « danseuse » -tortiller ses cheveux et sa jupe- sa connaissance de la littérature russe, ses convictions, elle est sans doute la personne idéale pour promouvoir son propre film. Un film tourné au  Portugal avec des « locaux » comme acteurs/figurants, Renato Berta comme chef opérateur. « Mon film je le voulais tel un conte avec ces grilles qui s’ouvrent (début) et se ferment à la fin ; je tenais à la présence de ce chien qui s’échappant de la meute est désormais hors murs, hors prison »

Un brouillard omniprésent, une ambiance entre chien et loup ; une bande-son qui emprunte aux grands compositeurs russes ; une mise en scène plus proche du théâtre filmé (pour la réalisatrice les personnages principaux devaient représenter des archétypes) où la troupe des sbires masculins et le chœur du personnel féminin ont perdu toute identité voire toute âme tant ils sont tétanisés par la peur.

Ce huis clos de facture classique donnera peut-être l’envie de lire le roman de Jean-Daniel Baltassat

Au final un exercice de style où tout est si « appuyé » que la plongée dans l’intimité chimérique du bourreau ou son pouvoir mortifère de distiller en permanence la peur, sont purement formels...

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Le divan de Staline

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