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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 05:51

De Marco Bellocchio 

Avec Nicolò Cabras, Valerio Mastandrea, Bérénice Bejo, Guido Caprino 

 

Présenté en ouverture de la dernière Quinzaine des réalisateurs à Cannes,

 

 

Argument: Turin, 1969. Massimo, un jeune garçon de neuf ans, perd sa mère dans des circonstances mystérieuses. Quelques jours après, son père le conduit auprès d’un prêtre qui lui explique qu’elle est désormais au Paradis. Massimo refuse d’accepter cette disparition brutale. Année 1990. Massimo est devenu un journaliste accompli, mais son passé le hante. Alors qu’il doit vendre l’appartement de ses parents, les blessures de son enfance tournent à l’obsession…

Fais de beaux rêves

Elle vient de lui susurrer « fais de beaux rêves » il est endormi ; déflagration ; elle est morte; l'enfant sera désemparé.... Le film de Bellocchio adapté d'un roman autobiographique de Massimo Gramellini, met en scène cette "blessure originelle" Massimo adulte saura-t-il, pourra-t-il se libérer de ses "démons intérieurs"?

 

Elle danse, filmée à hauteur des yeux du jeune Massimo, elle danse et entraîne son fils dans ce rock endiablé . Nous sommes à Turin 1969 Massimo a 9 ans

Il danse lors des noces de diamant du grand-père d’Elisa ; il danse et entraîne Elisa dans ses mouvements acrobatiques sous les regards et sourires complices des invités et leurs applaudissements. Massimo a quarante ans.

Deux scènes en écho ; deux scènes fondatrices ; deux scènes ouvertes à toutes les connotations ; amour fusionnel dans l’une, amour rédempteur dans l’autre ?

 

Enfant adolescent adulte Massimo reste hanté par le sourire de sa mère tragiquement disparue ( on lui a « caché » les circonstances exactes de sa mort)

Des va-et-vient entre deux périodes (1969 et fin des années 90) des flash back -ce qui n’exclut pas des ellipses- ponctués de clins d’oeil à la « réalité » italienne ( V Gassman sur petit écran, séries Belphégor, rappel du drame de 1949) ainsi se construit le film à l’instar de la « reconstruction » mentale et psychologique de Massimo.

Car c’est à partir du présent de son enfance que les doutes les peurs voire les angoisses hantent le présent de l’adulte. Belphégor longtemps sollicité n’est plus un sauveur. De même c’est à partir de l’appartement (Massimo doit le vider pour le vendre) que s’élabore cette « reconstruction » - La dernière image du film -souvenir d'un jeu de cache-cache où mère et enfant sont blottis dans un meuble- a certes une connotation oedipienne… Mais on est loin des clichés faciles (se débarrasser de son passé en se débarrassant des meubles qui l’ont abrité)

La gouvernante qui repousse l’enfant en manque de caresses, la relation quasi incestueuse entre Enrico (l’ami de Massimo) et sa mère (Emmanuelle Devos) , la photo truquée à Sarajevo, les mensonges entretenus sur les circonstances de la mort de la mère, autant de moments de critique acerbe alors que la lettre réponse dans le journal la Stampa, (c’est la première fois que Massimo exprime sa douleur d’éternel orphelin…) est peut-être une étape vers...

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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