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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 06:19

de Mai Masri 2015 Palestine Liban

avec Maisa Abd Elhadi, Raida Adon, Karim Saleh

3000 Nuits

Le maire d’Argenteuil avait voulu  interdire la projection de ce film (prétexte:  il fait polémique… pour cet élu LR Georges Mothron on fait polémique quand on prend fait et acte pour les ….Palestiniens....n'était-ce pas plutôt un acte de censure à peine déguisé??)

Ken Loach en revanche (et en riposte?) en a loué la puissance : un film  "fort et important"

3000 nuits est proche en effet du cinéma vérité ; il  "libère" la parole des détenues tout en dénonçant leurs conditions d’enfermement et les aberrations d'un système; de plus vers la fin, la réalisatrice a inséré des images d’archives (le fameux échange de prisonniers...). Le film s'inspire d'une histoire vraie: le vécu d'une Palestinienne incarcérée dans une prison israélienne pour un crime qu'elle n'a pas commis et c'est entravée qu'elle a accouché..Bouleversée par ce témoignage Mai Masri décide d'en faire une "fiction"; fiction qu'elle tournera en Jordanie dans une prison désaffectée

Nous sommes au début des années 80 un peu avant le massacre de Sabra et Chatila (dont  l’écho parviendra aux détenues via le petit écran ; alors que les prisonnières israéliennes s’en réjouissent, les palestiniennes entameront une grève ..de la faim !) Rappelons que dans cette  prison "cohabitent" des prisonnières de droit commun (israéliennes) et des détenues politiques ( arabes) souvent accusées  à partir de "soupçons"  et sans preuve apparente...

Avec Layal cette jeune institutrice de Naplouse,  injustement accusée et condamnée à 8 ans de prison (soit 3000 nuits) nous allons pénétrer dans le milieu carcéral et durant presque 1h45 nous sommes immergés dans un monde de violences, de trahisons, de compromissions aussi (on essaie de soudoyer avec chantage à l’enfant). Un monde d’inégalités (les matonnes sont plus indulgentes avec les détenues israéliennes), de rapports de force (et ce, au sein de chaque groupe); un univers qui métaphorise aussi le "conflit israélo-palestinien" sans manichéisme affiché : si les matonnes israéliennes sont butées racistes inhumaines, l’avocate israélienne de Layal  tente de faire "respecter le droit international" (cf l’épisode du gaz qui met fin à la révolte des détenues est lourd d’atroces souvenirs...)

Certes, l'alternance entre violences et accalmies, brutalité et douceur (surtout l'engouement que suscite la naissance de Nour) crée un certain tempo. Mais l'ensemble de ce film est desservi par une mise en scène qui alourdit inutilement le propos et qui loin de susciter l’empathie du spectateur peut générer l’ennui. Tout est inutilement insistant. Des gros plans prolongés sur les poignets entravés, des scènes de bagarres qui virent au crêpage de chignon, la symbolique de l’oiseau trop appuyée (d’abord il volette se pose sur les barbelés ; l’infirmier offrira à Nour un  jouet -oiseau, succédané d’une liberté à (re)conquérir), les couloirs filmés tels des tunnels que l’on oppose trop facilement à ces trouées de lumière; sans oublier  la symbolique des prénoms Nour (= lumière) Layal (= nuits)  et leur dichotomie, etc.

Rien n’est "suggéré"; tout se veut démonstratif... Dommage !

Colette Lallement-Duchoze

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