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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 20:00

De Ken Loach 

Avec Dave Johns, Hayley Squires, Sharon Percy

Palme d'Or Cannes 2016

 

Argument  Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l'aide sociale suite à des problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler il se voit signifier l'obligation de rechercher un emploi sous peine de sanction

Moi, Daniel Blake

Alors que défile le générique on entend -voix off- les questions d'une "professionnelle de la santé"; elles ne concernent nullement les problèmes cardiaques du patient qui le lui fait remarquer; on le rabroue; on le menace;.... Le ton est donné avant même qu'apparaisse son visage. Nous sommes en absurdie. L'administration tatillonne serait censée appliquer des lois d'où le bon sens et surtout l'humain sont bannis (plus tard les représentants de la police joueront un rôle similaire). Le combat sera forcément inégal. 

Ken Loach oppose ainsi deux mondes inconciliables -celui hérité de l'ère Thachter, celui de Cameron qui broie l'individu vivant dans la précarité et celui du peuple solidaire incarné par Daniel Blake. Opposition qu'illustrent ces face-à-face/entretiens/confrontations ou ces cloisons/séparations ou encore ces paroles échangées avec une voix fantôme au récitatif de robot. Certains spectateurs reprochent au cinéaste ce manichéisme (ridiculiser les uns, magnifier les autres). Mais son film n'est pas un documentaire (la réalité serait encore plus sordide....) et le peuple -qui est problème pour les politiques et économistes libéraux- reste pour lui une Cause à défendre coûte que coûte. De plus le cas Daniel Blake dépasse la frontière britannique ; sa descente aux enfers -scandée par de furtifs passages écran noir - concerne en fait des travailleurs honnêtes pris dans la tourmente dédaléenne d'une administration et d'un système iniques.

Face à des injonctions absconses, à des démarches aberrantes Daniel Blake revendique sa part de dignité "je suis un simple citoyen je ne suis pas un chien" (cette profession de foi  pourrait servir d'épitaphe)

"Il fallait faire entendre des cris dont seuls parvenaient des échos feutrés". Le parcours de Daniel Blake répond à cette nécessité. Ubuesque au tout début ce parcours va virer au cauchemar. Or le personnage ne représente-t-il pas une sorte d'idéal prolétarien fait de bonhomie de bienveillance et d'une  propension à protéger l'autre ( cf l'aide précieuse qu'apporte Dan à Katie !)

L'acteur Dave Johns, formidable, est de tous les plans (avec des   angles de vue  très divers);la caméra sait capter un silence un regard s'attarder (pas trop) sur un geste. Certaines scènes déclenchent le rire d'autres peuvent arracher les larmes. Une épure le plus souvent à l'image de cette bibliothèque encore vide, fabriquée avec amour et qui aurait dû être le reposoir des livres de Katie!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

Moi je serais d'accord avec un (e) critique qui parle de "mélenchonisme" facile!!!!

Ismaël

11/11/016 14h

 

Tout à fait d'accord avec la critique de Colette.

La justesse de ce film nous remplit d'émotions de toutes sortes.

Sa peinture de la réalité britannique d'aujourd'hui fera date, elle est aussi très européenne, c'est ce qui fait l'universalité du talent de Ken Loach.. 
Un très beau film.

Serge 11/11/2016

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