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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 07:21

Documentaire réalisé par Nikolaus Geyrhalter  (Autriche)

Homo Sapiens

Un film constitué uniquement de plans fixes plus ou moins longs (de 8 à 30 secondes) presque toujours en frontal -ils seront "miroirs" pour le regardeur. Un film sans paroles, sans commentaires (ni voix off, ni notations explicatives) uniquement des "images" sur des ruines des bâtiments  abandonnés, en état de décrépitude plus ou moins avancé, ruines témoins de l'activité de l'homo sapiens,  de son passage sur la planète. Voici des "lieux" publics -école, église, hôpital, usine, dancing, stade.. -une centrale nucléaire .- des engins militaires -cuirassé, tanks ...Intérieurs ou extérieurs; nous sommes  au Japon en Europe et en Amérique du Sud

Voici un plan moyen sur une carcasse de mobilier informatique; puis le plan s'élargit et une vue d'ensemble permet au spectateur de contextualiser; une vue prise à l'intérieur d'un blockhaus le plan suivant capte en extérieur cette forteresse gisant dans une mer de sable et de flots; sur un lac au loin se profile la silhouette d'un navire blanc, zoom avant: c'est un cuirassé ou du moins ce qu'il en reste....En l'absence de commentaires, il appartient au spectateur de décider lui-même, d'imaginer un scénario, de "voir" des scènes ( objets métonymiques que sont des vareuses accrochées à des patères et cette paire de chaussures posée à même le sol !!)

 

Dans ces décombres circule néanmoins un énorme souffle de Vie; celui des éléments naturels, de la faune et de la flore, dont témoigne tout un travail sur le son. Martèlement assourdissant de la pluie; ses "plocs" s'en viennent percuter le sol et le maculer de perles sonores ; mugissement du vent qui, s'engouffrant dans ces lieux désormais inhabités, fait voleter papiers, documents, livres, stores; vrombissement ou susurrement d'insectes; cri ou chant d'oiseaux . Et parfois c'est le silence - mais un silence habité! La Nature (cette fameuse "alma" chantée par Lucrèce) a-t-elle repris ses droits là d'où précisément l'homo sapiens s'était ingénié à la déloger? Une réponse  se donne (peut-être) à lire dans la comparaison entre le premier et le dernier plan. Mosaïques - à dominante rouge- miraculeusement préservées dans les entrailles du Buzludza,  c'était le plan d'ouverture. Au final sur fond presque opalin semble s'échapper du dôme/cheminée une fumée bleuâtre; mais le brouillard de plus en plus épais la fait disparaître progressivement; l'écran lui-même n'est plus qu'un rectangle à la blanche opacité...

 

Avons-nous assisté -témoins hypnotisés - à notre propre finitude??

 

Colette Lallement-Duchoze

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