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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 06:59

de Todd Solondz (USA)

avec Ellen Burstyn, Kieran Culkin, Julie Delpy, Danny De Vito, Greta Gerwig, Tracy Letts, Zosia Mamet

 

Prix du  jury festival de Deauville

Le teckel

Un hymne dédié au teckel l'inscrit dans la vaste épopée des héros. Nous le voyons de profil arpenter l'écran traverser les paysages les saisons et les âges (comme s'il passait d'une vignette à l'autre sur une planche de BD) alors que retentit la "complainte" sur un air country. (cela sert de raccord entre deux sketches).

Ligne majestueuse d'un animal quasi hiératique -mais qui n'en reste pas moins une "saucisse"- ce personnage éponyme (cf le titre) sert en fait de miroir ou de contrepoint.

Lui qui est "en quête de foyer" va côtoyer un enfant rescapé d'un cancer, abîmé par la chimiothérapie (Keaton Nigel Cooke) une vétérinaire un peu nunuche éprise d'un drogué (Greta Gerwig) un prof de cinéma, scénariste "raté" qui est la risée des jeunes étudiants (Danny De Vito) et une octogénaire en phase finale (Ellen Burstyn). L'animal "adopté" est le compagnon idéal pour ces âmes solitaires ou ces désillusionnés de la vie. Et l'on devine l'empathie du réalisateur pour ces "personnages" dont il ne se moque jamais même quand leurs répliques ou leurs comportements frisent le ridicule. Mais ils évoluent dans un environnement tel que le spectateur assiste en fait à une comédie grinçante, macabre aussi (dont témoignent la "circularité" du film et la prégnance de la mort); le ton est souvent corrosif acide (tout comme les couleurs du costume de ce peintre qui rêve d'être Damien Hirst tout en le conspuant; et l'épilogue lui "donnera raison"; belle pirouette finale où le teckel réapparaît post-mortem dans une "oeuvre d'art" vivante; double ironie du réalisateur)

La caméra souvent fixe capte par petites touches une ambiance une pose une attitude; ainsi au début c'est un univers bourgeois corseté dans ses meubles comme dans son idéologie de l'exclusion; le teckel offert à l'enfant malade doit rester encagé; mais l'enfant prendra sa revanche: il saute -filmé au ralenti- sur les plumes d'oreiller; les parents suivent à la trace les plaques de diarrhée pour les nettoyer -long travelling latéral audacieux qu'accompagne la musique de Debussy- avant d'opter pour la "solution finale"... mais l'assistante du vétérinaire s'en empare  in extremis...

Souvent les "couleurs" choisies sont en contradiction flagrante avec les propos: le pastel flatteur du début est celui des cages de la SPA; les couleurs vives de la maison ou de la voiture (épisode I) maquillent la noirceur des propos de la mère (Julie Delpy) qu'elle profère avec naturel Ou tout au contraire elles accentuent certains traits de caractère ou certains travers ainsi les converses jaunes et les lunettes à monture verte de la vétérinaire (sketch II)

Avec un "humour frontal" qui lui est propre, Todd Solondz signe là une fable/comédie singulière à ne pas rater!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Le teckel

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