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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 05:13

De Xavier Dolan (Canada, France)

Avec Gaspard Ulliel (Louis) Nathalie Baye (Martine la mère) Vincent Cassel (Antoine le frère) Léa Seydoux (Suzanne la soeur) Marion Cotillard (Catherine la femme d'Antoine)

 

Grand Prix festival de Cannes 2016

Juste la fin du monde

Le visage d'un homme les yeux masqués par les mains d'un gamin; c'est ce que donne à voir l'affiche du film. Lui c'est Louis (Gaspard Ulliel); il est dans l'avion; il doit rendre visite à sa famille qu'il n'a pas vue depuis 12 ans et lui annoncer sa mort prochaine .

Les yeux bandés ou la cécité  terrifiante ? C'est comme la nuit en pleine journée on ne voit rien j'écoute je suis perdu et je ne retrouve personne" (se lamentait Louis dans la pièce de Jean-Luc Lagarce dont s'est inspiré Xavier Dolan en  situant  l'action "quelque part il y a quelque temps" )

Après l'enfermement dans cet habitacle, Louis pendant quelques heures (et le gros plan sur la pendule à coucou les annonce dans cet ultime cheminement vers une mort annoncée.) va vivre un "cauchemar" face à l'incompréhension ou du moins l'absence de "communication" des membres de sa famille- les phrases les questions ont un double sens pour le spectateur complice... Lui tout en intériorité ne pourra jamais avouer les raisons de son retour. Serait-il déjà ombre ou fantôme? Et Xavier Dolan capte souvent sur son visage une expression en légère contre plongée.. comme s'il était déjà "détaché".  La famille? Hormis quelques plans d'ensemble le réalisateur la filme dans son morcellement (gros plans successifs sur les visages de la mère de la sœur du frère et de la belle-sœur Catherine; duos mère/fils; Louis/Antoine) et dans un décor aux tonalités feutrées avec des jeux de clair-obscur et d'audacieuses profondeurs de champ. Le choix systématique de gros plans fixes prolongés ou de plans rapprochés serrés, accentue le caractère oppressant de ce huis clos familial; mais chaque personnage n'est-il pas enfermé sur lui-même ? (paroles reproches invectives insultes, ces  mercuriales qui dessinent en creux leur enfermement...)

Le passé pour Louis ? La caresse sur le matelas à la recherche d'une odeur ne délivrera que poussière....Son futur proche? C'est son "rendez-vous" avec la Mort!

Bouleversant ce film l'est assurément mais beaucoup moins que la pièce de Jean-Luc Lagarce (il est vrai aussi que l'absence de didascalies laisse totale liberté à celui qui s'empare du texte .) 

Des musiques "racoleuses" pour CE genre de film; l'étirement inutile de la séquence qui oppose les deux frères (Antoine qui fustige le langage son inanité est soudain emporté par une logorrhée), outrance jusqu'à l'hystérie dans le jeu de certains acteurs  (certes elle est imposée par Xavier Dolan); la danse sur un air moldave qui aurait dû émouvoir frise le ridicule (maladresse des mouvements dans la fixité du plan); la symbolique un peu trop appuyée de l'oiseau qui sort de la pendule, son vol erratique le mène au trépas dans l'ultime pulsation d'un cœur qui bat....

 

Colette Lallement-Duchoze

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