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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 08:43

Documentaire de Jean-Luc Léon

Un vrai faussaire

Un vrai faux? un faux vrai? Où est le vrai? Où se cache le faux ? Difficile à démêler !!! Car Guy Ribes a des "mains en or" et il ne se contente pas de "copier" comme un vulgaire imitateur, il lui faut s'imprégner de "l'âme du peintre" quitte à jeter 10 toiles qui ne le satisfont pas; il a en outre l'art de jongler avec toutes sortes d'astuces (contrefaire la signature du maître en commençant par la droite; jouer avec la poussière et les patines du temps).Trente ans durant il aura été Picasso, Léger,  Dufy, Braque, Chagall, Degas, Dali, Bonnard, Modigliani, Renoir, Laurencin,  Vlaminck, Matisse, Van Dongen ou Vuillard. Ce fut "un vrai faussaire"

Traversant le tunnel (premiers plans du film) il émerge de la clandestinité happé par la lumière. Accusé suite à une délation, jugé, condamné à 3 ans de prison dont 2 avec sursis, il est révélé au grand public. Voici son histoire (vraie?) racontée par lui-même face à la caméra de Jean-Luc Léon. Gouaille et faconde à la Audiard, chapeau et pipe à la Maigret, ventre proéminent à la Rebeyrolle, Guy Ribes (65 ans) est à n'en pas douter un "personnage". Enfance dans un hôtel de passe, mère médium, père dictateur (qui a plus que flirté avec le gang lyonnais), apprentissage aux Soieries (où il se plaît à peindre des motifs ) engagé dans la marine puis la légion; par "amitié " pour Weisbuch il se met à le "pasticher"...Sa carrière commencera en 1984 (en réponse à une commande)

Et ses "œuvres" sont si "crédibles" qu'elles leurrent aussi bien la fille de Chagall que les experts et les musées. Dans les réserves, dans les salles des ventes, sur les murs de collectionneurs combien encore de "vrais faux"? Compulsant un catalogue Drouot, Guy Ribes affirme en appuyant de son  doigt "ça c'est moi; ça aussi c'est moi" mais le réalisateur ne dévoilera pas (recours à un cache) de même qu'il "censurera" certains noms" (remplacés par des cris d'oiseaux)...C'est qu'on ne peut TOUT DIRE. Si Guy Ribes, travaillant sur commande, s'est surtout "attaqué" à la peinture du XIX° et XX° siècle il laisse entendre dans ses (fausses?) confidences qu'il s'est inspiré aussi de "maîtres" plus anciens; mais chut! "il y a des choses que je ne peux dire" (il risquerait sa peau!!!) Sa parole dans le film est "confrontée" (au montage) à celles d'un procureur, d'un collectionneur floué (pour 500 000 euros) d'experts dont les analyses confirment le "talent" du vrai faussaire, du commissaire de police convaincu que la parole du " faussaire" n'est "vraie" qu'à 5% .Et le réalisateur (qui lui-même n'est pas dupe) termine son film en citant un proverbe chinois "Les récits des faussaires sont parfois aussi vrais que leurs œuvres".

On reprochera à ce documentaire son côté trop "statique" (certes largement compensé par les propos gouailleurs de G Ribes et ses "leçons" de peinture in situ). Hormis ces vues aériennes sur les toits de Paris (à des saisons différentes) et cette vue en plongée sur le métro aérien où deux rames se croisent en ondulations sinusoïdales (le même et son double côte à côte!!)

Colette Lallement-Duchoze

Un vrai faussaire
Un vrai faussaire

PS Guy Ribes -il avait purgé sa peine- fut sollicité par Gilles Bourdos pour son film "Renoir" en 2012 (son nom apparaît au générique); il a peint des toiles pour les besoins du film.... et il double les mains de Michel Bouquet, quand celui-ci est censé peindre...

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