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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 14:44

De Quentin Tarantino

Avec Samuel Jackson (Le chasseur de primes marquis Warren) Kurt Russell (le bourreau John Ruth) Jason Leigh (la prisonnière Daisy Domergue) , Demian Bichir (le mexicain Bob),Tim Roth (le court-sur-pattes Mobray) , etc.

Les 8 Salopards

Prologue. Un calvaire dans une immensité blanche; un Christ que la caméra approche progressivement avant un zoom sur le visage; (la symbolique inversée se dévoilera au cours du récit); chevaux et "diligence" paraissent de minuscules stries noires... Nous sommes dans le Wyoming quelques années après la Guerre de Sécession

Le "western" va se déployer en plusieurs chapitres annoncés par des encarts; l'ordre chronologique est une seule fois perturbé par un retour en arrière et un commentaire (la voix du réalisateur en off) explicite le titre du chapitre "le secret de Daisy Domergue" au cas où le spectateur n'aurait pas été suffisamment attentif...le réalisateur reprend les mêmes plans qui étaient hors champ...  à la fin du chapitre précédent. Et quand Warren raconte au général Sanford Smithers le supplice qu'il a infligé à son fils, des images viennent illustrer ses propos (homme nu entravé, traîné dans la neige jusqu'à épuisement; l'horizontalité du supplicié  contraste avec la verticalité du Christ du prologue) . Voilà pour des "astuces" formelles (mais elles n'ont rien d'original... )

Après les séquences dans les paysages enneigés  (certains plans et cadrages sont d'une beauté stupéfiante) l'essentiel se passera à huis clos dans la mercerie de Minnie, un relais sur la route de Red Stock, où la cohabitation "forcée" (car les 4 de la diligence étaient "attendus" par 4 autres) se vit d'abord sur le mode oral (les commentaires perspicaces de Warren) puis donne lieu aux "règlements de compte" en un véritable jeu de massacre...

Que dire sinon que l'on retrouve tous les ingrédients qui font le "charme" ou provoquent la détestation des films de Tarantino: violence et outrance; dialogues ou récits "interminables" et ralentis assez spectaculaires;  musique expressive (ici Morricone) , bande-son tonitruante dans les scènes gore (sang et cervelle qui giclent..); atmosphère grand-guignolesque parfois; très gros plans (visages, bouches, pieds, mouvements des têtes ou pattes des chevaux); plans appuyés sur le visage déformé et maculé de sang de Daisy.

Warren est le seul Noir. Daisy est le seul personnage féminin -ses propos racistes et ses mensonges sont éhontés, sa vulgarité est surprenante ; mais c'est une instrumentiste douée; elle  résiste assez longtemps (parfois on se demande comment) aux pires brimades (verbales et physiques). Ambiguïté recherchée? Ou misogynie latente? La lettre que le président Lincoln aurait écrite à Warren (et dont on apprendra assez vite que c'est un faux), provoque in fine l'émotion de Mannix, celui qui aurait dû être le nouveau shérif de Red Stock. C'est qu'il est question de Mary Todd, l'épouse d'Abraham Lincoln....

 

Au final ne pourrait-on pas affirmer que le huis clos de la mercerie où s'affrontent les 8 salopards est comme le microcosme de la société américaine qui n'a pas encore "digéré" sa guerre de Sécession; une société où perdurent "relents d'injustices, ressentiments militaires et tensions raciales"? Mais ce n'est qu'une hypothèse...

 

Colette Lallement-Duchoze

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