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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 06:57

de Benoît Forgeard

musique de Bertrand Burgalat

interprètes: Olivier Rabourdin (Michel Battement), Philippe Katerine (Jean-Michel Gambier, le Président Bird), Alka Balbir (Samira), Philippe Laudenbach (Alain Rose-Marine), Anne Steffens (Ann Holignal), Antoine Gouy (Chris), Darius (Pierre Caron), Jean-Luc Vincent (Dizier Deschamps), Elisabeth Mazev (Françoise), Myriam Studer (Nawan), Benoît Forgeard (Pithiviers)...

Gaz de France

2020. Voici Gambier, le président Bird, qui a été élu grâce à un tube sur le PIB (il est chanteur à ses heures...) mais inepte à la fonction présidentielle, il est au plus bas dans les sondages. Vite vite une cellule de crise: le conseiller Michel Battement a convoqué des "spin doctors" au profil plus qu'atypique …afin d'éviter la catastrophe....En lisant ces quelques informations on se dit "tiens une comédie politique genre guignols de l'info" ..mais...

 

L'essentiel du film  se déroule dans les entrailles de l'Elysée: niveau -1 puis niveau -2 ; ces niveaux où sont "empaillés" les oripeaux de la Vème République (non seulement les portraits des présidents successifs, mais aussi des cadeaux, des postiches dont les sourcils de ..., des dossiers archivés, tout un fatras à la connotation symbolique évidente...)

Plongée dans les coulisses et les arcanes du pouvoir? Certes le spectateur retrouve dans cette fiction tous les codes de la satire politique et surtout le pouvoir  tyrannique de l'image; des conseillers patentés bien ridicules;  le fameux storytelling et sa dénégation purement formelle; le règne de l'immédiateté, celui de l'opinion ou de l'émotion qui supplantent celui de la raison!

Mais il y a plus et c'est précisément ce "plus" qui entraînera ou non l'adhésion du spectateur. Philippe Katerine avec son flegme et son air lunaire donne consistance, en "bird" président, à ce qui est aussi volatil que le gaz; un paradoxe assez jubilatoire; la scène où les personnages portent des masques à têtes d'oiseaux,  ne serait-elle pas (aussi) un hommage "déguisé" à Judex?. Et dès lors   s'imposerait  tout un jeu sur les connotations et les allusions.??? Peut-être...

Le film, par-delà son aspect foutraque et son humour décalé (on sourit, on rit, mais jamais on ne s'esclaffe) nous entraîne dans un univers de carton pâte (aplats verts des décors; image/poster qui s'anime et s'agrandit aux dimensions d'un nouvel Eden); un univers qui s'apparente à  un huis clos (un "hic et nunc" dans le ventre élyséen, où s'agitent jusqu'à la suffocation les spin doctors; un"ici" opposé à un "là-bas" le "dehors" où crève la population...).

À la différence d'un documentaire ou d'une docu-fiction, l'univers artificiel, le décor de synthèse de "gaz de France", le mélange d'humour froid et d'artifice ( le réalisateur y joue un cyborg, un des participants à la cellule de crise...), le non-sens présenté comme sérieux ou du moins comme allant de soi, bref tout ce que, pour simplifier, on nomme "absurde" , est moins au service d'une satire -celle du pouvoir politique- que d'un questionnement sur le rôle de la fiction en politique, comme dans toute création d'ailleurs, fiction confrontée à un "supposé" réel.....

 

Françaises, Français,

« Souhaitez-vous (regard caméra) être gouverné (un temps) par l’homme ? (Un temps plus long) Ou par le costume de l’homme ? »

 

Colette Lallement-Duchoze

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