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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 20:09

De Denis Villeneuve

avec Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin

présenté en compétition officielle au festival de Cannes

Argument: La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l'équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

Sicario

La fascination pour le sordide était déjà bien tangible dans Prisoners; elle semble inchangée dans cette peinture de la guerre -rondement menée -contre la drogue. (Peinture qui visuellement fascine grâce au  travail du chef opérateur Roger Deakins, le  même que pour Prisoners) .

Voici par exemple des cadavres momifiés dans les entrailles d'une maison, la caméra les montre en gros plans et le spectateur les "voit" par le regard de Kate (jeune recrue du FBI) et comme elle, il est pris de nausée. Voici des visages tuméfiés des corps sanguinolents, et les tortures les plus atroces hors champ n'en sont que plus suggestives. L'aspect "politique" de cette "guerre" est bien patent lui aussi: complicités souvent douteuses entre CIA et police mexicaine et barons de la drogue; en fait, on exécute plus qu'on ne sécurise ou protège les civils. À l'instar de cette région frontalière de "non-droit", les frontières entre légalité et illégalité, entre compromis et compromissions sont bien poreuses, au grand dam de Kate...qui progressivement découvre cette double horreur!

Mais comme dans "Prisoners" l'argument mis en exergue sert en fait de prétexte. Ce qui intéresse le cinéaste c'est l'interrogation sur le mal qui est tapi en chacun de nous, un mal "originel" dont témoignent dans Sicario, l'obsédante couleur noire, (jusque dans cette vue aérienne sur les berlines des forces de police) et la fonction métaphorique des tunnels et des abymes ; et ce malgré la récurrence de plans sur des paysages de montagnes. (ne seraient-ils pas aussi des paysages intérieurs, des états d'âme? )

 

On pourrait affirmer sans faire de déduction hâtive que Sicario - film linéaire qui rompt avec la chronologie éclatée d'Incendies- est le "voyage initiatique" de Kate. En  proie à un dilemme, va-t-elle basculer elle aussi???

 

Sicaire, dit le prologue, désignait dans l'antiquité hébraïque, les activistes juifs, les zélotes opposés aux Romains; au Mexique sicario signifie tueur à gages !

 

Colette Lallement-Duchoze

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