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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 06:22
1001 grammes

de Bent Hamer  Avec An Dahn Torp, Laurent Stocker

 

 

Le spectateur rouennais qui a suivi , fidèle,  le festival du cinéma nordique se rappellera l'humour décalé de "Eggs" (1995) ou de "Kitchen Stories" (2003),  la drôlerie poétique  de ce réalisateur norvégien Bent Hamer. Ici nous entrons dans  le monde des poids et mesures; un monde   strict rigoureux  (le dire est  un truisme), alors que la vie au quotidien est marquée, elle, par des aléas; et le réalisateur va jouer (un peu trop) sur ces oppositions, à travers le parcours de Marie -scientifique norvégienne-  qui représentera son pays à la conférence internationale du kilo organisée au pavillon Breteuil dans le parc de St Cloud. Les plateaux d'une balance peuvent illustrer ce parcours: sur l'un le poids du travail , sur l'autre celui des sentiments ; sur l'un, le poids réel du kilo, sur l'autre, celui d'une vie.... en cendres

Au départ un univers glacé où dominent le bleu et le blanc ; l'appartement de Marie ressemble lui aussi, à cause de son vide sidéral, à un laboratoire; il métaphorise le vide de son existence car en dehors de son métier de "métrologue", absence de  relations ou crépuscule d'une vie amoureuse  - à un moment, visite intempestive de l'ex venu récupérer ses biens. A  la fin, dans l'appartement de Pi (en France) domineront les couleurs chaudes comme pour "sublimer" les étreintes de l'amour

On passera ainsi progressivement du quantifiable à l'essence profonde des choses et la métamorphose de Marie n'est pas sans rappeler celle de Pi, chercheur devenu jardinier, qui sait entendre et capter le chant des oiseaux (avec leurs modulations, leurs stridences )

Mais si le film est proche de "Kitchen Stories" (par la rigueur esthétique et la dénonciation de l'absurde ) il n'en a pas la savoureuse drôlerie: les analogies (urne funéraire réceptacle des cendres du père et "urne" habitacle du fameux kilo norvégien; le père rêvant dans la paille avant de mourir que relaiera Marie comme pour en garder  l'empreinte ) les oppositions (des couleurs surtout) et les métaphores (ornières que l'on cherche à éviter en les contournant;  déclinaison des notions de "masse" et de "pesanteur" !!) ont un caractère trop appuyé  à l'instar de cet adage "Le fardeau le plus lourd de la vie, c’est de n’avoir rien à porter."

Reste cette musique lancinante de John Erik Kaada qui vient scander les démarches de Marie comme autant de marches vers...

Colette Lallement-Duchoze

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